SOIT DIT EN PASSANT: Je veux, d’abord, voir les visages !

Lesoir; le Mardi 18 Avril 2017
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Par Malika Boussouf
malikaboussouf@yahoo.fr
Il est des jours comme ça où l’on se dit qu’elle est ahurissante la
mentalité qui fleurit ici et là. On a tendance, lorsque l’on parle
d’intégrisme religieux, à ne penser qu’aux hommes et à leur acharnement
à, entre autres, vouloir asservir les femmes et les soumettre donc à
leur autorité. Et si les femmes n’étaient pas toutes les victimes que
l’on croit ? Et si l’on parlait de celles qui participent activement à
leur propre enfermement ? De celles que l’on a réussi à convaincre que
leur tête couverte les faisait plus respectables ou de celles qui n’ont
même pas besoin de coup de main pour acquiescer ? Comment s’assurer
qu’une femme qui ambitionne de conquérir l’Assemblée nationale mais qui
refuse de montrer son visage durant la compétition à ses électeurs
potentiels puisse représenter ces derniers là où la majorité faite homme
lui susurre qu’elle est plus crédible si on ne la voit pas ? Comment
avoir confiance en une femme qui n’assume ni son corps ni la manière
dont elle a été modelée par Celui dont elle est censée implorer la
clémence cinq fois par jour ? Si l’assujettissement de la femme a
tendance à se graver avec entêtement dans la culture algérienne, la
culture musulmane, elle, ne dicte aucunement que l’on soit complaisant
avec ce qui justifie l’allégeance ! Et pourtant ! Au-delà du fait que
certaines soutiennent mordicus qu’elles se couvrent la tête par
conviction religieuse et auxquelles il ne sert à rien de rétorquer que
leurs connaissances sont alimentées par des ignorants, on se demande
pourquoi ces dernières sont toujours les premières à abandonner leurs
repères ?
Quand on aura résolu l’énigme qui fait que 59% de femmes trouvent
légitime de se faire battre par leurs maris, on comprendra, peut-être,
mieux pourquoi celles qui se prétendent engagées à défendre nos droits
creusent allègrement la tombe de leurs congénères ! Et quand on pense
que plus de la moitié de la population féminine estime que les coups
sont une façon d’éduquer et d’enseigner à la femme le chemin à suivre,
voire de corriger les imperfections qu’elle porte en elle et qu’elle
ramène chez le mari, on se dit que c’est loin d’être gagné.
M. B.

Categorie(s): chronique du jour

Auteur(s): malikaboussouf@yahoo.fr

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