SOIT DIT EN PASSANT: La Fac centrale vue de l’intérieur !

Lesoir; le Samedi 16 Decembre 2017
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Par Malika Boussouf
malikaboussouf@yahoo.fr
A certaines occasions, la capitale fait sa toilette.
Généralement, c’est lorsqu’une personnalité étrangère nous rend visite
et surtout lorsqu’elle émet le souhait d’en visiter quelques coins.
Doit-on s’en réjouir ou déplorer le fait que l’on ait les moyens de
nettoyer tout le temps mais que l’on ne juge bon de le faire que lorsque
l’on y est contraint, comme ce fut le cas lors de la venue du président
français quand les autorités locales se sont agitées nuit et jour pour
que tout soit nickel à temps ?
J’avais tellement entendu parler des arbres aux troncs repeints en
blanc, qu’une fois l’euphorie passée, je m’y suis rendue pour apprécier
de plus près les effets du toilettage. La rue que l’on emprunte pour
aller à la Fac centrale a été passée au Kärcher.
Les murs badigeonnés à la hâte et décorés de façon à laisser croire que
partout à l’intérieur, amphis, labos et escaliers sont aussi bien
entretenus. Au-delà du fait que l’on ait honteusement fait baver les
pinceaux, il y a cette réalité embarrassante qui veut que personne ne
soit dupe mais que chacun préfère jouer le jeu plutôt qu’apparaître
comme génétiquement négligeant. Et puis, j’ai emprunté la rue parallèle.
Les ailes n’ont, elles, été ni nettoyées ni repeintes. Juste les
façades, pour faire illusion. La veille, des enseignants-chercheurs dont
les bureaux étaient anciennement installés là s’y étaient rendus. Ils
ont pris des photos qu’ils ont publiées sur les réseaux sociaux . Des
lieux que personnellement j’ai connus agrémentés de jardins intérieurs
où trônaient, il y a une vingtaine d’années, des arbres séculaires. Un
dépotoir ! Une abjection ! A en pleurer ! Presque plus d’espace pour se
déplacer à l’intérieur d’anciens bureaux aux murs rongés par l’humidité
et l’abandon mais qui abritent, pourtant, toujours, des documents de
grande valeur. M’est alors revenue en mémoire cette expression qui, en
parlant de planquer la poussière sous le tapis, renseigne sur les
mentalités qui règnent sur des lieux dont elles ignorent tout.
Qu’aurait fait le recteur si Brigitte Macron, par chance absente, avait
émis le vœu de pousser son pèlerinage plus à l’intérieur ?
M. B.

Categorie(s): chronique du jour

Auteur(s): lesoir

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