SOIT DIT EN PASSANT: Mennel, une musulmane à abattre !

Lesoir; le Mardi 18 Septembre 2018
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Par Malika Boussouf
malikaboussouf@yahoo.fr
Un vent d’hystérie a soufflé sur un programme de télévision de
l’Hexagone. Un télécrochet qui a mis en lumière, aussi vite qu’il l’a
reléguée au ban du programme, une jeune artiste franco-syrienne.
Cheveux couverts mais le cou dénudé, la superbe Mennel au comble du
bonheur a sauté, pour les remercier de l’avoir plébiscitée, au cou de
trois hommes parmi les 4 coachs d’une émission qui n’aura pas su raison
garder et aura cédé à un début de pression politico-médiatique. C’est à
des occasions pareilles que l’on réalise combien il est facile de clouer
au pilori celui dont on voudrait qu’il nous ressemble, parce que l’on se
pense exemplaire et qu’il ne nous ressemble pas. En regardant les Jeux
olympiques d’hiver, j’ai adoré un couple de patineurs chinois qui
évoluait sur la glace accompagné par l’émouvant Hallelujah de Léonard
Cohen. Un morceau qui m’a aussitôt renvoyée à la polémique dont a été
victime Mennel, cette jeune et magnifique musulmane, prise au piège
d’une horde de chasseurs de primes.
Des briseurs de rêves. Des tueurs d’un autre genre qui pensent faire
œuvre utile en cassant de l’islam à volonté. Au vu de ce qu’ils ont
commis à l’égard de la jeune candidate, on imagine aisément que s’ils
avaient pu le faire, ils lui auraient dressé un bûcher digne de ce nom !
Voilà comment, en un laps de temps très court, la chanteuse en a envoûté
certains et semé la terreur chez d’autres. Qui a dit qu’il était
impossible à deux sentiments contraires de cohabiter ? C’est ce qu’a
suscité simultanément la jeune fille sur une chaîne de télévision de son
pays. Oui, son pays !
C’est ce que l’on se garde bien de dire en majorité. Mais ce n’est pas
nouveau. On est français quand on gagne un match et étranger quand on se
distingue autrement. Je n’éprouve pas de profonde sympathie pour les
femmes qui se réfugient derrière un foulard, mais cette jeune fille-là,
qui avait l’air de tout sauf d’une intégriste apprêtée pour courir au
djihad, a envoyé bouler mes réticences dès qu’ont foncé sur elle ces
voix familières et tellement détestables qui craignent la différence.
Celles qui vous accusent sans raison de servir la barbarie.
M. B. 

Categorie(s): chronique du jour

Auteur(s): lesoir

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