SOIT DIT EN PASSANT: Quel enseignement pour quelles élites ?

Lesoir; le Samedi 11 Novembre 2017
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Par Malika Boussouf
malikaboussouf@yahoo.fr
Quand un ancien Premier ministre, appelé à la rescousse, est invité
à remettre le couvert, on se surprend à réfléchir encore plus à qui ou à
quoi imputer les mauvais plans. On a beau nous faire étalage de tout ce
à quoi les fameux milliards évanouis sont censés avoir servi, le doute
persiste parce que les résultats ne sont pas à la hauteur de la dépense.
Quand les premiers concernés témoignent que l’école est sinistrée, que
les hôpitaux sont des mouroirs et que les logements livrés sont tous à
revoir parce qu’il vous suffit de donner un coup de poing dans les
parois pour constater les malfaçons et autres arrangements avec les
matériaux de construction, vous n’avez aucune raison d’en douter.
Surtout lorsque les mêmes vérités sont rapportées un peu partout à
travers le pays. A l’université, où personne ne réagit quand des bergers
emmènent leurs moutons brouter l’herbe rare qui pousse çà et là, on
n’est pas mieux servi. C’est sans doute dur à admettre mais les choses
en sont, hélas, là dans l’enseignement supérieur.
Une université victime du sort inqualifiable qui lui est fait et où
lorsqu’un personnel se met en grève, ce n’est jamais parce que ses
conditions ou son outil de travail se détériorent mais parce qu’il
estime ne pas être assez bien rétribué pour ce qu’il fait. Il faudra un
jour cesser de s’en prendre au niveau de ces élèves, futurs lycéens et
un jour étudiants livrés à eux-mêmes et, en même temps, flatter les
mérites d’une démocratisation qui a abandonné ses enfants en cours de
route.
Un populisme qui voudrait que personne ne s’élève jamais contre le fait
que l’on apprenne aux générations montantes cette chose terrifiante qui
les force à jongler avec les dernières ablutions prescrites à un mort.
Imposer les sciences islamiques comme matière indiscutable jusqu’en
classe de terminale, quand tous les lycéens n’aspirent pas à se
spécialiser dans la prédication ou à conduire la prière dans une
mosquée, relève de concessions hautement réfléchies. Lorsque des jeunes
que l’on comptait asservir à la théologie aspirent malgré tout à se
construire ailleurs et autrement, cela mérite mieux que des insultes.

M. B. 

Categorie(s): chronique du jour

Auteur(s): lesoir

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