Thermes à Guelma: Des spécialistes évoquent des propriétés curatives «exceptionnelles» des eaux

Lesoir; le Mercredi 22 Mars 2017
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Les eaux thermales de la wilaya de Guelma se
caractérisent par des propriétés curatives «exceptionnelles», affirment
des spécialistes qui plaident pour une exploitation optimale de cette
richesse unique et à même de constituer un «argument» touristique.
Ces eaux sont réputées pour leurs vertus curatives, grâce à leur
composition physico-chimique, explique à l’APS le médecin en chef du
complexe de Hammam Debagh (ex-El-Maskhoutine), Ouled Dhiaf, relevant que
le premier aspect se réfère à la température des thermes, atteignant les
97 degrés à l’émergence (à la source).
Selon ce spécialiste, il s’agit de «la deuxième eau la plus chaude à
l’échelle mondiale, après les geysers réputés d’Islande, lesquels
atteignent les 100 degrés», ajoutant que pour l’aspect chimique, les
eaux de Guelma ont la particularité d’être «très bicarbonatées avec des
composantes mixtes aux vertus thérapeutiques avérées pour les
pathologies rhumatismales et dermatologiques». Elles sont aussi «très
indiquées pour la prise en charge des séquelles des traumatismes et des
maladies neurologiques», assure-t-il, notant que si les eaux de la
région de Hammam Debagh sont gorgées de bicarbonate, celles de la
localité de Ouled Ali sont réputées pour être ferrugineuses (riches en
fer).
Lorsque l’on sait que 60 à 65% de la clientèle qui fréquente le complexe
de Hammam Debagh souffre de maladies rhumatismales, on comprend
l’intérêt de ces thermes pour ces malades, observe-t-il, estimant qu’il
n’existe pas une grande différence entre la qualité de ces eaux et
celles d’autres régions de la wilaya où les eaux prennent les
composantes qui caractérisent les couches des sols.
Abondant dans le même sens, un spécialiste en traitement des eaux pour
le compte de laboratoires médicaux, M. Boudiaf, souligne également les
propriétés curatives des eaux de la région, les qualifiant de «non
agressives».
En dehors de Guelma, les nombreuses sources thermales du pays ont
d’autres caractéristiques, poursuit-il, citant l’exemple des eaux du
Hammam des Bibans à Bordj-Bou-Arreridj qui sont «très soufrées», le
soufre, observe-t-il, étant conseillé pour le traitement des maladies
dermatologiques.
Cependant, déplore-t-il, cette nappe phréatique particulière est
«sous-exploitée et n’est mise en valeur qu’à hauteur de 15%», plaidant
pour des solutions permettant la récupération des eaux une fois
utilisées pour ensuite les recycler. «Déverser ces eaux dans des oueds
ou autres lieux n’est pas la solution, d’autant que les eaux usées sont
nuisibles pour l’agriculture», prévient-il, notant que, dans les pays
développés, ces eaux passent au travers d’un cycle de traitement pour
être ensuite réutilisées dans l’agriculture.
Les deux spécialistes insistent pour que «l’Algérie sache saisir
l’avantage de détenir cette ressource unique dans toute la région du
Maghreb», pour en faire un argument touristique et une source de
développement économique.
«C’est un créneau délaissé, sous-exploité alors qu’il est créateur
d’emplois», regrette M. Boudiaf, se demandant pourquoi aller faire des
cures ailleurs au moment où le pays dispose de tant de qualités et de
variétés s’agissant de sources thermales, se référant à des études
réalisées depuis la période coloniale et à des pays ayant su faire du
thermalisme un investissement des plus rentables.
APS

Categorie(s): régions

Auteur(s): APS

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