TIPASA: Vestiges et patrimoine archéologiques en débat

Lesoir; le Mardi 12 Septembre 2017
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Lors d’une conférence, qu’avait animée, il y a
quelques années au cœur de l’imposante architecture du complexe culturel
du Chenoua, M. Bendaoud Aek, un responsable de l’Office national chargé
de la préservation du patrimoine matériel et immatériel national, un
sujet très sensible ayant pour thème l’état des lieux concernant la
préservation des vestiges archéologiques algériens et le patrimoine
matériel et immatériel algérien, avait été traité.
L’orateur avait été interpellé à propos de la situation du site
archéologique de Sainte Salsa de Tipasa en axant la question sur l’état
des lieux des alentours de la basilique et l’état actuel des vestiges,
qui s’altèrent par le non-respect du site par les visiteurs.
Ces mêmes intervenants avaient proposé d’intensifier les mesures
coercitives envers les pillards de ces vestiges ; le conférencier
répondra qu’aucune mesure coercitive ne pourra contraindre ce type de
visiteurs.
L’orateur précisera que les gardiens de ces sites n’ont pas pour
attribution d’être des policiers ou des moralisateurs mais qu’il s’agit
d’un problème de civisme et de culture du citoyen qui se pose.
Un autre intervenant évoquera la question de l’inventaire du patrimoine
historique matériel enfoui ou mis à jour, qui devra exister, pour
identifier et recenser les pièces archéologiques , les pièces
numismatiques et autres vestiges ; à ce propos, M. Bendaoud précisera
qu’un immense travail de recensement et d’identification est en cours,
tout en mettant en exergue les ravages et les pillages que la
colonisation française a fait subir aux merveilleuses répliques
antiques, et dont certaines se trouvent actuellement dans des musées
internationaux ou ornent les collections privées.
Nous avons évoqué cet événement pour mettre en exergue la préoccupation
de l’Etat à ce sujet, telle qu’évoquée récemment par M. le ministre de
la Culture, Azzedine Mihoubi, lors de la visite qu’il a effectuée à
Tipasa, en déclarant que «l’Etat était mobilisé à travers ses
institutions pour la protection et l’entretien des sites
archéologiques».
Ce fut en marge de cette visite que M. Mihoubi effectuait dans la wilaya
de Tipasa pour s’enquérir de la situation des sites archéologiques que
recèle la région, qu’il avait mis en avant la nécessité de protéger ce
patrimoine historique mondial, en mettant l’accent sur le rôle des
établissements relevant de son secteur d’accomplir pleinement leurs
tâches dans ce domaine d’autant que l’Algérie dispose de 60% des ruines
romaines existant dans le monde.
A propos des sites archéologiques classés, le ministre a estimé «qu'un
grand travail se fait à leur niveau, ajoutant que ces sites font l’objet
d’un grand intérêt et d’un suivi permanent».
Quant au Mausolée royal qui est l’un des monuments méditerranéens
nécessitant un entretien et une protection spéciale notamment à
l’intérieur du mausolée, le ministre a soutenu que le dossier sera
présenté à l’expertise en matière de sécurité d’autant que les portes du
site seront ouvertes aux visiteurs une fois que les conditions seront
réunies.
Cependant, force est de constater que les dispositions de la loi 98-04
du 15 juin 1998, portant protection du patrimoine culturel, semblent
être ignorées. En effet, cette loi définit les biens culturels
immobiliers comme étant les monuments historiques, les sites
archéologiques et l’ensemble des immobiliers urbains et ruraux. Ce
faisant, ces biens culturels peuvent être soumis aux régimes de
protection suivants : inscription sur l’inventaire supplémentaire, une
protection par classement et ceux étant un secteur sauvegardé.
Cette loi évoque en son article 30, un plan de mise en valeur des sites
archéologiques et leur zone de protection, dénommé PPMVSA. Ce plan fixe
les règles générales d’organisation, de construction, d’architecture,
d’urbanisme, d’occupation ainsi que les servitudes. Mais c’est le décret
03/323 du 5 octobre 2003, qui précise les règles générales de protection
des sites archéologiques.
C’est à ce titre que la région de Cherchell, l’antique capitale
romano-numide, qui se prolonge jusqu’aux confins de la ville de Tipasa,
recèle aujourd’hui d’importants vestiges qui nécessitent une protection.

Ainsi, Cherchell dispose de 10 sites archéologiques classés, 6 sites
archéologies inscrits sur l’inventaire et près de 30 sites archéologues
remarquables non encore classés, y compris de la période préhistorique,
de la période antique et de la période française.
Houari Larbi

Categorie(s): régions

Auteur(s): Houari Larbi

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