Tomate industrielle: Les agriculteurs souffrent du faible niveau d’organisation de la filière

Lesoir; le Dimanche 13 Aout 2017
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Chaque année et depuis que les rendements des
surfaces dédiées à la tomate industrielle se sont améliorés, les
agriculteurs trouvent des difficultés à écouler leur production dont une
partie est détruite faute de preneur.
Les associations professionnelles et les services agricoles
claironnaient déjà il y a des années que l’Algérie deviendra
exportatrice de tomate industrielle en 2017. Ce ne sont, certes, pas les
rendements des superficies dédiées à la culture de cette tomate qui le
démentiront mais, le faible niveau d’organisation de la filière fait
perdre d’importantes quantités produites, faute de marché.
En effet, les files d’attente des camions chargés de tomates devant les
unités de transformation devenues coutumières dans les wilayas de
Annaba, Tarf, Guelma et Skikda où se situent les plus grandes
plantations de tomate, se sont allongées cette année du côté de Chlef
dans l’Ouest algérien où les superficies exploitées dans la tomate ont
pratiquement doublé comparativement à l’année précédente. Ainsi, Chlef a
enregistré cette saison une production record estimée à plus de 80 000
tonnes (47 500 tonnes durant la campagne 2015-2016). Les superficies
exploitées étant passées de 600 à 1076 hectares, conjugués à un
rendement à l’hectare estimé entre 850 et 900 quintaux, une grande
partie de cette production risque la destruction parce qu’il n’existe
qu’une seule unité de transformation dans la région qui n’est pas en
mesure de tout absorber et qu’il n’y a pas encore de circuits rodés pour
la commercialiser ailleurs à travers le pays ou l’exporter à l’étranger.
Selon Mokhtar Belaïd, un cadre de la Direction des services agricoles de
Chlef cité par l’APS, «la tension enregistrée sur l’unique unité de
transformation de la wilaya est due à un mûrissement précoce de la
récolte de tomate industrielle, dont le volume de production a dépassé
toutes les prévisions, grâce notamment à l’usage des techniques du
goutte-à-goutte et des engrais, conjuguées aux bonnes conditions
climatiques». Ce faisant, et pour limiter les dégâts, cette unique unité
de transformation a dû arrêter un programme permettant aux agriculteurs
sous contrats de récolter leurs tomates en fonction des capacités
journalières de l’usine. «Pour éviter un tassement de la production, un
programme spécial a été fixé afin de permettre aux fellahs de récolter
leurs productions suivant les capacités de transformation de l’usine,
les deux s’étant accordés sur une récolte de 12 quintaux/hectare/jour»,
a indiqué Sadek Meriem Khorafa chargé du service commercial, également
cité par l’APS.
Bref, en attendant l’extension de cette usine qui achète la production
aux agriculteurs de Chlef, Aïn Defla et Relizane, et ce, quand la
seconde chaîne de production devant porter ses capacités de traitement à
1 300 tonnes/jour, les agriculteurs devront prendre leur mal en
patience, notamment pour cette saison plutôt ratée où, se plaignent-ils,
«60% de leur production reste non récoltée».
L. H.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): L. H.

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