50 ans d'indépendance, Entre fierté et frustration

Liberte; le Mercredi 26 Decembre 2012
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Côté officiel, la célébration du Cinquantenaire de notre indépendance a été sans faste, sans doute pas à la mesure de cet événement exceptionnel et des progrès réalisés.Durant les 50 ans passés, la volonté politique de développer l’Algérie a été forte et d’énormes ressources ont été mobilisées à cet effet. Mais beaucoup reste à faire pour construire un ensemble économique, social et politique capable de hisser le pays au rang de pays émergents, puis développés. Avec l’augmentation du prix des hydrocarbures, le pays est en position de force. Les matières premières représentent, par exemple, 97% des exportations algériennes en 2011, soit 74 milliards de dollars.Un pactole financier qui a permis à l’État un assainissement de l’économie ces dernières années. La dette extérieure ne dépasse pas, aujourd’hui, les 4,2 milliards de dollars contre 40 milliards, début 1999. Signe de meilleure santé financière, la multiplication des chantiers. L’Algérie a entamé un vaste programme d’infrastructures. Autoroute Est-Ouest, nouvel aéroport d’Alger, inauguré en 2006, ou Métro d’Alger, ouvert fin 2011. L'Algérie a construit des écoles, des universités, des hôpitaux, des barrages, des millions de logements, des lignes de tramway.                                                                                      Dotée de moyens financiers importants, l’Algérie peine pourtant à s’imposer comme un pays émergent. L’échec le plus important a été l'incapacité du pays à sortir de son statut d'État rentier, avec 98% de ses recettes issues des ventes d'hydrocarbures. L'ouverture économique a été un échec. Tout comme les privatisations. Le régime en place n'est pas non plus parvenu à lutter contre la corruption généralisée et à stopper l'avancée de l'économie informelle (40% du PIB). Les dépenses faramineuses (500 milliards de dollars) effectuées entre 2001 et 2011 grâce à la manne pétrolière pour moderniser les infrastructures de base et améliorer les conditions de vie des Algériens n'ont pas permis à l'économie de se diversifier.                                                                       La croissance, tirée par les exportations de pétrole, a donné lieu à une explosion du marché informel, à une économie de bazar, profitant à des couches sociales parasitaires, ceux que l’on désigne sous le vocable de mafia de l’importation, qui font peser un risque sérieux sur l’économie algérienne. L'Algérie ne produit presque rien et nourrit sa population grâce aux importations.Le volume d’importation, qui était à moins de 10 milliards de dollars à fin 1999, a été multiplié par cinq à fin 2011 : il dépasse les 45 milliards de dollars. L’industrie agonisante représente moins de 5% du PIB. L’agriculture, qui ne s’est pas encore libérée de ses handicaps, n'arrive pas à satisfaire la demande locale non seulement en céréales, lait, mais également dans d’autres produits de large consommation dans les périodes de soudure (pomme de terre).
S. S.

Categorie(s): dossier

Auteur(s): Rédaction nationale

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