Achat de missiles russes S-400 par New-Delhi, L’Inde ignore les menaces de sanctions des États-Unis

Liberte; le Mardi 9 Octobre 2018
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Le recours systématique aux sanctions par Washington isole de plus en plus les États-Unis et crée des tensions avec de nombreux pays, y compris parmi ses alliés traditionnels qui voient leurs intérêts directement menacés.

Les menaces de sanctions américaines ne semblent pas faire reculer l’Inde dans la conclusion du marché d’achat de systèmes de missiles sol-air russes S-400. C’est ce qui ressort des déclarations du général Bipin Rawat, chef d’état-major de l’armée indienne, au média The New Indian Express, à l’issue de sa visite de séjour en Russie, où il a conclu le marché. Il a affirmé que l’Inde est capable de défendre ses intérêts, tout en soulignant qu’elle entend poursuivre “une politique indépendante” en ce qui concerne l’achat de systèmes russes de défense antiaérienne S-400. “Oui, nous savons que des sanctions peuvent nous être imposées, mais nous menons une politique indépendante”, a rétorqué le chef de l’état-major de l’armée indienne aux menaces de sanctions américaines.
Il a précisé que la Russie était intéressée par une coopération en matière de défense avec l’Inde, qui a une armée forte et capable de défendre ses intérêts propres. Un communiqué commun russo-indien a indiqué que “les parties ont salué la conclusion du contrat pour la fourniture du système de missiles sol-air longue portée S-400 à l’Inde”. Cette même source a également précisé que les livraisons doivent débuter d’ici à fin 2020.
Pour rappel, le président russe Vladimir Poutine et le Premier ministre indien Narendra Modi avaient signé le 5 octobre, un contrat prévoyant la livraison de cinq régiments de S-400 Triumph, dont le montant s’élève à plus de 5,4 milliards de dollars. Il n’en demeure pas moins que ni Vladimir Poutine, ni Narendra Modi n’ont annoncé publiquement ce contrat lors de leur allocution conjointe à la presse à l’issue de leurs pourparlers. Dans le but d’empêcher la Russie de vendre ses armes, le Congrès américain avait adopté en 2017 une loi afin de la punir pour son attitude en Ukraine et pour son ingérence présumée dans l’élection présidentielle américaine.
Cette législation impose des sanctions économiques contre toute entité ou pays qui conclut des contrats d'armement avec des entreprises russes. Et dans ce cadre, le secrétaire adjoint américain à la Défense pour les affaires sécuritaires en Asie-Pacifique, Randall Schriver, avait estimé au cours de son intervention à la Fondation Carnegie pour la paix internationale à Washington au début septembre, qu’il ne pouvait pas garantir à l’Inde qu’elle serait exemptée de la loi CAATSA. Mais l’Inde, qui espère obtenir une dérogation des États-Unis, n’a reçu que des mises en garde de la part de Washington, bien qu’en juillet dernier, le secrétaire d’État à la Défense, Jim Mattis ait plaidé pour que les sanctions américaines contre les pays qui achètent des armements russes puissent faire l’objet d’exceptions afin de ne pas perdre des alliés, à l’instar de l’Inde notamment, qui peuvent changer de camp.

Merzak Tigrine

Categorie(s): international

Auteur(s): Merzak Tigrine

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