Avant-première nationale du dernier film de Kamel Iaïche au FICA, “La voix des anges” : l’histoire d’une jeunesse à la dérive

Liberte; le Mardi 4 Decembre 2018
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Le rendez-vous tant attendu à Alger a ouvert ses portes le 1er décembre, et s’étalera jusqu’au 9 du mois en cours, au bonheur des cinéphiles. Cet évènement dédié au 7e art, n’est autre que le Festival international du cinéma d’Alger, dédié au film engagé. Pour cette édition consacrée à la question migratoire, deux documentaires portant sur cette thématique ont été présentés dimanche, au premier jour de la manifestation à la salle Ibn Zeydoun (Oref). Le premier à être projeté était Libre du réalisateur français Michel Tosca et le deuxième True Warriors (Allemagne) de Ronja Von Wumb-Seibel et Niklas Schenck. La soirée a été marquée par l’avant-première nationale de la fiction La voix des anges de Kamel Iaïche. Mahrez, un jeune algérois issu de la cité Saâda, complètement perdu, entre chômage, mauvaise fréquentation et une situation familiale assez compliquée, tente un jour de piquer un téléphone. Mais rapidement appréhendé, il se retrouve au commissariat, et à partir de là, sa vie va changer. La victime n’est autre que Khaled (campé par Nidal Mellouhi), un réalisateur d’un certain âge, qui décide de laisser une seconde chance au gamin, et ce, en retirant sa plainte. Alors, il propose à Mahrez de bosser pour lui, sur le tournage de son dernier film. Suite à cette péripétie, le réalisateur nous introduit dans un autre film, celui que Khaled tourne. Cette démarche d’entreposer un film dans un film a permis à Iaïche d’aborder un autre sujet : celui de la décennie noire. La deuxième histoire revient sur un jeune qui se fait manipuler par un groupe islamiste pour intégrer leurs rangs. Malgré quelques clichés sur la récupération des jeunes pour le jihadisme, nous sommes face à deux personnages ; le premier complètement désœuvré tente de sauver sa peau, alors que le deuxième qui menait une vie plutôt équilibrée sombre dans le côté obscur. Une approche plutôt sociologique sur la situation de la jeunesse, qui essaye tant bien que mal de se relever, et ce, à condition qu’elle soit aidée. Aussi, le film a été tout au long des 96 minutes, accompagné de musique, entre opéra, Fayrouz et du raï, une belle démarche qui démontre le côté mélomane du réalisateur. La voix des anges est une œuvre à découvrir même si elle n’est pas “parfaite” cinématographiquement, entre lenteur dans les plans, un peu plate au début et le côté théâtral de certains comédiens dans l’interprétation. Par ailleurs, le film de Kamel Iaïche a eu le courage de sortir du “conventionnel” habituel du cinéma DZ de ces dernières années.

R. C.   

Categorie(s): culture

Auteur(s): Rub.Culturelle

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