Débat à la Faculté de médecine de l’université de Tizi Ouzou, Quelle prise en charge pour les AVC et les traumatismes crâniens ?

Liberte; le Mercredi 9 Janvier 2019
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Les conduites à tenir en cas d’AVC ou de traumatismes crâniens ont fait l’objet d’une conférence scientifique animée hier à la faculté de médecine de l’université de Tizi Ouzou, par le chef de service réanimation neurochirurgicale de l’hôpital Pitié-Salpêtrière de Paris, le professeur Lamine Abdennour, qui a développé, devant une assistance composée essentiellement de jeunes médecins, les toutes dernières techniques et procédés en usage au sein de cet hôpital français de renom. En développant la question de l’accident vasculaire cérébral (AVC), le Pr Lamine Abdennour s’est longuement attardé sur l’importance d’une nouvelle pratique, à savoir la thrombectomie qui est, a-t-il expliqué, plus efficace que la thrombolyse pratiquée dans la plupart des cas. Pour cet éminent professeur, l’avantage d’une thrombectomie, qui est souvent pratiquée après une thrombolyse, et qui consiste en l’ablation d'un caillot sanguin dans un vaisseau, une veine ou une artère, à l’aide d’une espèce de filet, est qu’elle peut être pratiquée jusqu’à 6 heures après l’apparition des premiers signes de l’AVC alors que la thrombolyse ne peut être pratiquée que dans un laps de temps plus court, soit à peine 4 heures 30 minutes après l’AVC. “La thrombectomie mécanique est une révolution, elle est largement supérieure en efficacité, car ses résultats sont nettement meilleurs. Elle peut même être pratiquée au-delà de 6 heures lorsque l’ischémie est limitée”, a expliqué le Pr Lamine Abdennour, tout en soulignant que même en France, “il n’y a que 5% des victimes d’AVC qui bénéficient de la thrombectomie”. Selon le conférencier, qu’il s’agisse d’une thrombolyse ou d’une thrombectomie, dans le cas des AVC, il est question d’une course contre la montre pour sauver le patient. D’où, pour lui, la nécessité de sensibiliser tous les acteurs de la chaîne d’intervention, à commencer par la famille de la victime jusqu’à l’unité de prise en charge. L’orateur a ensuite longuement développé les paramètres à prendre en considération et à surveiller d’une manière rigoureuse tout au long de la prise en charge des cas d’AVC. Pour sa part, le Pr Smaïl Daoudi a, quant à lui, insisté sur l’importance de la télémédecine et la formation des médecins généralistes pour la prise en charge des AVC afin de ne pas faire perdre de temps au patient. Abordant le second thème de la conférence, à savoir les traumatismes crâniens, le Pr Lamine Abdennour a particulièrement insisté sur la reconnaissance des critères de gravité pour éviter les pièges des patients rassurants. “L’état de conscience constaté à l’apparence n’élimine pas l’existence de lésions graves. Il faut toujours se méfier des patients rassurants”, a-t-il appelé à se méfier, tout en mettant l’accent sur l’importance du “doppler transcrânien” et du scanner qui permettent d’améliorer la prédiction de la gravité du traumatisme, d’évaluer l’état neurologique et les lésions à risque vasculaire et endocrinien. Comme pour les AVC, le conférencier a ensuite développé les protocoles et les procédés en usage en la matière à l’hôpital Pitié-Salpêtrière.

Samir LESLOUS

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Samir Leslous

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