dégradation de l’état de santé de Bouteflika, Le 5e mandat ou la mission impossible

Liberte; le Mercredi 5 Decembre 2018
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à quelques mois de l’élection présidentielle d’avril 2019, la question se pose avec acuité : Le président sortant, Abdelaziz Bouteflika, est-il en mesure de briguer un 5e mandat, comme le souhaiteraient ses soutiens ? Si jamais il décidait d’y aller, ou que d’autres le feraient à sa place, sera-t-il apte à gérer le pays pendant encore cinq ans supplémentaires ? Depuis son AVC, en 2013, qui l’avait contraint à se déplacer en fauteuil roulant, son état de santé ne semble guère s’améliorer. Il pourrait même se dégrader davantage à mesure que le temps passe. S’il a pu, même très péniblement, prononcer quelques phrases lorsqu’il devait prêter serment au lendemain de sa réélection, en 2014, pour son 4e mandat, il est, depuis, devenu inaudible. La communication du chef de l’État se limite à des messages écrits lus en son nom. Physiquement, Bouteflika éprouve toutes les peines du monde à soulever ses membres supérieurs les rares fois où il est contraint de paraître sur les écrans de télévision. Généralement, à l’occasion de la réception d’un homologue étranger, lors d’un Conseil des ministres ou lors d’une visite sur le terrain. Ces sorties durant son 4e mandat se comptent sur les doigts d’une main, voire depuis la deuxième moitié du 3e mandat. Le fardeau de la maladie l’oblige, ces derniers temps, à rater même des rendez-vous incontournables tels que la réception de ses invités officiels. Le dernier “ratage” en date remonte à seulement avant-hier, lorsqu’il n’a pu recevoir  le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohamed Ben Salmane, venu en visite en Algérie sur invitation de la présidence de la République. Une énième absence justifiée, cette fois-ci, par “une grippe aiguë” du chef de l’État le jour même de la visite, selon un communiqué de la Présidence. Avant le prince saoudien, le président Bouteflika n’avait pas pu recevoir non plus, successivement, la chancelière allemande, Angela Merkel, en février 2017, et le président du Conseil des ministres italien, Giuseppe Conte. La chancelière allemande, faut-il le rappeler, avait été contrainte d’annuler sa venue à Alger à la dernière minute. La défection de Bouteflika avait été alors justifiée par “une bronchite aiguë”. Autant dire que le chef de l’État est plus que jamais affaibli pour continuer à assurer ses missions. À en croire les dernières déclarations de responsables politiques dont la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, Bouteflika ne serait même plus lucide, en ce sens qu’elle fait endosser le message écrit au nom du Président à l’occasion de la rencontre walis-gouvernement, plutôt au Premier ministre, Ahmed Ouyahia, qu’au chef de l’État. “Connaissant le Président, je ne retrouve ni son style ni sa démarche dans la dernière lettre lue en son nom (…) Elle ne ressemble en aucune manière au style du Président, ni dans le fond ni dans la forme”, a-t-elle dit dans un entretien qu’elle a accordé à El Watan, elle y voit plutôt “l’œuvre d’Ouayhia”. Le chef du MSP, Abderrezak Makri, lui, martèle depuis un certain temps, que l’option d’un 5e mandat s’éloigne. Comme pour arranger le système, il a même suggéré de reporter la présidentielle de 2019. Par ailleurs, Djamel Ould Abbes, qui a été le seul à avoir annoncé la candidature de Bouteflika pour 2019, a fini par être écarté du FLN. C’est dire que le doute sur la candidature de Bouteflika planerait même en haut lieu.

Farid Abdeladim

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Farid Abdeladim

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