Élections en 2012, L’argent a pesé lourd

Liberte; le Mercredi 26 Decembre 2012
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Après la fraude, facteur de dissuasion à l'acte électoral, c'est au tour de l'argent sale de s'inviter dans le jeu politique. Les élections locales du 29 novembre ont mis à nu l’emprise de l’argent sale sur l’exercice de la politique. Il y a eu des candidats qui engagent de l’argent pour organiser des défilés dans les rues de leur commune, d’autres qui envoient des femmes dans les hammams pour corrompre les électrices et les persuader de leur accorder des voix alors que certains mobilisent des imams et s’adressent aux cheikhs des zaouias pour avoir leur baraka, etc.Les Algériens ont eu droit aux excentricités les plus hilarantes. Mais le plus grave reste sans conteste, le fait que beaucoup d’élections de président d’APC ne se font plus sur la base de programme mais sur la base du plus offrant parmi les partis et les indépendants qui ont reçu des suffrages suffisants pour mériter de contracter des alliances. Ce qui a amené certains partis, à l'image du PT, à tirer la sonnette d'alarme et à dénoncer les répercussions de telles pratiques sur la gestion des collectivités locales pour les cinq prochaines années. Selon le PT, le poste de maire est revenu entre 2 et 8 millions de DA.Le siège de président de l'Assemblée populaire communale (APC) semble donc très recherché, malgré le fait que les élus locaux ne disposent d'aucun pouvoir politique et même administratif, les secrétaires généraux des APC ont plus de pouvoir que les maires. À moins que ce ne soit le fait que ces sièges ouvrent la voie à la charge combien prestigieuse de “sénateur” avec tous les privilèges qui vont avec. D’ailleurs, les observateurs redoutent fort l’intrusion de l’argent sale dans cette élection en vue du renouvellement partiel du Conseil de la nation. Le marchandage des voix n’est pas nouveau, les législatives du 10 mai dernier en portent les traces. Elles ont révélé, lors de la confection des listes de candidature, une grave dérive de certaines formations politiques qui se sont ouvertes aux “affairistes” de tous bords. Moussa Touati, président du Front national algérien (FNA), avait même été clair en déclarant publiquement qu’on a recouru à des candidatures sous le label de son parti, contre des sommes d’argent. Le plus grave, c'est qu'un certain nombre d'entre eux, craignant des poursuites judiciaires, mettent le paquet pour figurer en tête de liste, l'objectif étant d'obtenir l'immunité parlementaire. La question fondamentale qui se pose est de savoir comment ces prétendus élus, aussi bien au niveau local que national, peuvent œuvrer pour l'intérêt général, n'ayant aucun compte à rendre à des électeurs qui ne les ont pas élus ?
S. S.

Categorie(s): dossier

Auteur(s): Rédaction nationale

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