En réaction à la violence policière lors du referendum d’indépendance, Manifestation monstre et grève générale en Catalogne

Liberte; le Mercredi 4 Octobre 2017
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Les Catalans ont observé, hier, une grève générale qui a paralysé villes, ports et aéroports pour protester contre la violence policière qui a fait près d’un millier de blessés lors de la répression qui a émaillé le référendum pour l’indépendance de la Catalogne le premier octobre.

Interdit par Madrid, le vote d’autodétermination s’était déroulé dans un climat de violence, comme l’ont montré les images et les vidéos largement diffusées dans les médias et les réseaux sociaux. Selon les médias catalans, les manifestants ont bloqué plusieurs routes menant à la région et les clubs de football locaux, dont le prestigieux FC Barcelone, se sont joint à la grève générale en suspendant leurs entrainements durant la journée d’hier. Le port de Barcelone, troisième d'Espagne, et le marché alimentaire de gros de Catalogne, l'un des plus importants d'Europe, étaient quasiment à l'arrêt. “La paralysie est presque totale. Elle affecte les dockers et les transporteurs”, a expliqué à l'AFP une porte-parole du port. Le métro de Barcelone assurait le service minimum et les usagers entraient sans payer, a constaté une journaliste de l'AFP. Les usines automobiles de SEAT fonctionnaient normalement, d'après un porte-parole de l'entreprise, et environ 50 routes ont été bloquées par des manifestants. Beaucoup de monuments et sites touristiques de Barcelone, comme la Sagrada Familia, n'ont pas ouvert leurs portes. Les rassemblements se sont poursuivis durant toute l’après-midi. La grande majorité (90%) des Catalans ayant participé à la consultation interdite de dimanche a voté oui à la séparation avec l'Espagne, selon le gouvernement catalan. Depuis 2010, l'indépendantisme a gagné du terrain en Catalogne, alimenté par la crise économique et par la suppression du Statut d'autonomie de la région par la Cour constitutionnelle, à la demande du Parti populaire (PP, conservateur) de Mariano Rajoy. Lundi, l’Union européenne, qui s’est opposée au référendum catalan, a appelé le gouvernement espagnol et la Generalitat (Gouvernement régional de Catalogne) a ouvrir les portes d’un dialogue serein, ce que les indépendantistes ont également demandé sans renoncer pour autant à leur détermination à se séparer de Madrid. C’est le moment de la médiation. Et la médiation doit être internationale pour qu'elle soit efficace, parce que la normalité institutionnelle a été bouleversée par les décisions disproportionnées du gouvernement espagnol. Il faut mettre fin à la violence policière et à la restriction des libertés et créer un climat de distension pour favoriser une médiation qui doit être légale et sincère, avait exigé le leader indépendantiste Carles Puigdemont lors d’un point de presse organisée au lendemain du référendum à Barcelone. Mais les autorités espagnoles accusent aussi les Catalans d’avoir usé de la violence dimanche. Des opposants au référendum catalan ont appelé le gouvernement de Rajoy d’appliquer l’article 155 de la Constitution qui autorise Madrid à appeler à des élections régionales anticipées. En attendant, l’heure ne semble pas être pour l’apaisement entre les deux parties.

Lyès Menacer

Categorie(s): international

Auteur(s): Lyès Menacer

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