Faculté de droit de Béjaïa, Le Cnes engage un bras de fer avec le doyen

Liberte; le Lundi 18 Septembre 2017
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Le torchon brûle entre le doyen de la faculté de droit de l’université de Béjaïa et la section Cnes de la même faculté. En effet, par le biais d’une déclaration, la section Cnes a dénoncé “un abus de pouvoir” du doyen qui a adressé à un groupe d'enseignants des questionnaires dans lesquels il leur demande des explications sur un recours qu’ils ont introduit au Conseil scientifique. Accusations que récuse le doyen de la faculté de droit, le Dr Aït Mansour, lorsque nous l'avons joint au téléphone.
Les rédacteurs de la déclaration du Cnes, qui rappellent que le Conseil scientifique est un organe représentant les enseignants et délibérant sur les questions pédagogiques et scientifiques, estiment que le doyen a “transgressé” toutes les règles du contentieux administratif en recourant au questionnaire. Le Cnes évoque un autre cas “d’abus” qui concerne un enseignant. Selon les auteurs de la déclaration, ce dernier a, sur ordre du doyen, reçu un questionnaire pour répondre sur “une collecte de signatures auprès des enseignants au motif que son acte avait porté atteinte au bon déroulement des examens”, mais sans qu’un PV ne lui soit présenté.
Plus loin, les rédacteurs du document rappellent que “le Cnes a déjà alerté et agi afin de remettre ce même doyen à sa place et dans le bon chemin de la règlementation, lorsqu'il avait refusé de signer les titres de congés demandés par les mêmes enseignants, au motif qu'ils n'ont pas reçu de réponse à un autre recours qu'ils lui ont introduit”.
Pour la section du Cnes, qui menace de recourir à la justice, “les questionnaires à répétition et non justifiés”, adressés par le doyen, constituent les preuves matérielles “d’un harcèlement” et que “les enseignants n’hésiteront pas à faire valoir devant les juridictions compétentes si la hiérarchie administrative n’intervient pas pour éviter que le contentieux soit porté devant les tribunaux”. Car à ce moment, a-t-on ajouté, “c’est l’image de l’université de Béjaïa et de la faculté de droit qui risquerait d'être ternie encore une fois”. Pour le doyen de la faculté de droit, le Dr Aït Mansour Kamal, tout a commencé lorsqu’un enseignant a voulu effectuer un stage de courte durée. “Or, cette année, on n'a pas beaucoup d'argent, austérité oblige”.
Le Conseil scientifique, que préside un professeur respectable, a indiqué que des stages pourraient avoir lieu l'année prochaine. Un certain nombre d'enseignants pourraient en bénéficier selon des critères et l'ordre de mérite. Le problème, a indiqué le doyen de la faculté de droit, c’est que “l'enseignant en question ne s'est pas présenté auprès du président du Conseil scientifique. Pis encore, il a fait circuler une pétition en allant dans des amphithéâtres, et ce, durant la période des examens. Au lieu de faire un écrit, il a fait circuler une pétition dans laquelle il menaçait de bloquer les examens”. Une quinzaine d'enseignants a signé la pétition pour réclamer de l'administration rectorale plus d'argent. Mais à en croire le doyen de la faculté, “8 des 15 pétitionnaires ont fait un écrit pour se démarquer de l'initiative de leur collègue. Ils ont demandé à ce que leur nom soit retiré car ils ne se reconnaissent plus dans la démarche de leur camarade”.
Le doyen de la faculté a indiqué que les portes du dialogue sont toujours ouvertes. “On a invité cet enseignant (ce n'est pas une convocation) pour discuter avec lui, il n'y a pas donné suite.
Le vice-doyen lui a envoyé une deuxième invitation, restée sans suite.”

H. Kabir

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Kabir H

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