Festival de l’ahellil de gourara, La 12e édition lancée avant-hier à Timimoun

Liberte; le Dimanche 30 Decembre 2018
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Dédié cette année au défunt Moulay Slimane Seddik, dit Moulay Timi, ce douzième festival de l’Ahellil de Gourara se veut, selon les organisateurs, “un hommage à celui qui a permis à Mouloud Mammeri de mener à bien sa mission de recueil des chants amazighs de l’Ahellil”.

C’était avant-hier soir que le coup d’envoi de la 12e édition du Festival national annuel de l’Ahellil a été donné dans la commune de Timimoun. En présence de plusieurs troupes folkloriques venues de toutes les régions d’Adrar, le coup d’envoi a été donné en présence des autorités locales et de la délégation du HCA. Dédiée cette année au défunt Moulay Slimane Seddik, dit Moulay Timi, elle se veut, selon les organisateurs, “un hommage à celui qui a permis à Mouloud Mammeri de mener à bien sa mission de recueil des chants amazighs de l’Ahellil”. “C’est grâce à Dda Lmouloud que ce chant est aujourd’hui inscrit patrimoine immatériel de l’humanité”, souligne Abderrahim Moulay, fils du défunt Timi, racontant que les deux hommes se sont connus au début des années 70 et ont travaillé durant plusieurs années sur le patrimoine. “Oui, ils ont eu des difficultés avec les autorités locales de l’époque”, se remémore Abderrahim, considérant que les deux hommes, unis par l’amour de leur culture, ont su dépasser tous les obstacles.
Les festivités, selon Djoli Ahmed, commissaire du festival, prendront fin aujourd’hui, et le fait de le dédier à Moulay Timi “est une reconnaissance à tout ce qu’il a fait aux côtés de Mouloud Mammeri pour notre culture”. Il a souligné que plusieurs conférences sur les chants de l’Ahellil ou plus précisément Azelwan sont prévues.
Lors d’un témoignage sur le compagnon de Mammeri, Djoli Ahmed s’est rappelé lorsque le défunt Moulay travaillait comme factotum au CEM de la ville de Timimoun. “Il a mis sur pied avec le directeur de l’établissement, Chahine, originaire de Tlemcen, un musée de la ville”, a-t-il raconté, précisant que Moulay était dès les années 60 porté sur la culture et le patrimoine local.
“Au début de 1971, Mammeri a été conseillé de voir avec Moulay, car il était le seul qui pouvait l’aider à réaliser son travail sur l’Ahellil de Gourara”, a-t-il ajouté, indiquant que les deux hommes ont travaillé sept ans et demi durant, avec des va-et-vient incessant entre Alger et Timimoun, pour recueillir les chants, les traduire et les analyser.
Il a rappelé également que la 11e édition a été dédiée au défunt Mouloud Mammeri, grâce auquel, souligne Tahar Abou, enseignant à l’université Ahmed-Draya d’Adrar, dans un ouvrage collectif édité à l’occasion, “ce patrimoine est aujourd’hui un bien commun à tous les Algériens et à toute l’humanité”. Djoli Ahmed a aussi évoqué les travaux réalisés par Rachid Bellil, élève de Mammeri, sur l’Ahellil.
Ces travaux, estime-t-il, sont une suite de ce qu’a fait Mammeri, que les enfants de la région appellent affectueusement Dda Lmouloud.

M. M.

Categorie(s): culture

Auteur(s): Mohamed Mouloudj

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