Hérésie architecturale à Oran, Une passerelle sur le Front de mer

Liberte; le Mercredi 30 Decembre 2015
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Cette passerelle vient briser et provoquer une rupture de l’harmonie du Front de mer et sa continuité. Une hérésie architecturale qui va causer un dommage irréversible en matière de paysage urbain sur un haut lieu de l’architecture de la ville.

Les travaux entamés depuis plusieurs semaines sur le Front de mer avaient de quoi surprendre les riverains et tous ceux qui se plaisent à déambuler sur cette vitrine de la ville d’Oran. Et depuis peu, ce n’est plus l’étonnement mais la consternation. Et pour cause, les autorités locales, par le biais de la direction des travaux publics, ont décidé de faire réaliser, par une société turque, une passerelle piétonne partant du Front de mer à proximité de la clinique Lazreg, pour relier un tout petit square près du pont Zabana. En passant sur les lieux, les remarques fusent, et sont sans ambages : “Il parait qu’il n’y a plus d’argent et que c’est l’austérité !” lance un jeune homme sans chercher à s’adresser à une personne précise. D’autres, plus âgés, regardent et s’interrogent : “À quoi va servir ce pont ?” Et pour cause, officiellement ce projet, disons plus exactement ce “marché”, devrait permettre le passage des piétons du Front de mer vers le square et le pont Zabana, et il est de plus présenté comme étant une “amélioration urbaine”. Mais pour des architectes que nous avons sollicités pour donner leur avis sur l’ouvrage, son opportunité sur le Front de mer est presque un scandale, une “hérésie urbaine” qui a été décidée. Et nos interlocuteurs de nous expliquer leur position. Faire réaliser une passerelle métallique, qui est totalement inutile, pour soit disant relier deux points qui sont déjà reliés entre eux, ne nécessite aucun autre aménagement avec cet objectif. Plus loin, nos interlocuteurs ajoutent que là où le mal est le plus terrible c’est que cette passerelle vient briser et provoquer une rupture de l’harmonie du Front de mer et sa continuité.
Une hérésie architecturale qui va causer un dommage irréversible en matière de paysage urbain sur un haut lieu de l’architecture de la ville. Malheureusement, le souci de l’harmonie urbaine n’a jamais été celui des responsables décidant de tels projets, les dégâts causés au modèle urbain de la ville d’Oran sont visibles. Il en est ainsi des façades de verre réalisées en pleine rue Larbi-Ben-M’hidi, au milieu des immeubles haussmanniens, y compris encore sur le Front de mer, où ailleurs des immeubles R+8, dans des quartiers résidentiels connus par leurs villas coloniales et maisons de maître en R+2 maximum. Ce sont là autant de règles d’urbanisme ignorées allégrement par les services censés les appliquer.

D. L.

Categorie(s): ouest

Auteur(s): LOUKIL D

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