Il a assuré la transition du cessez-le-feu au référendum, Les moments forts de l’Exécutif provisoire de Rocher Noir

Liberte; le Lundi 20 Mars 2017
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C’est en pleines négociations des accords d’Évian que l’idée de créer un Exécutif provisoire avec pour mission d’assurer la transition fut retenue par les deux parties, française et algérienne. Et, dès le départ, Abderrahmane Farès fut désigné pour diriger une liste arrêtée par le gouvernement français et le GPRA. C’est pourquoi, il sera averti de cette éventualité, dans sa cellule de la prison de Fresnes, le 16 mars 1962, par son avocat Me Neveux.
Le 20 mars, au lendemain de la déclaration du cessez-le feu, il sera remis en liberté. L’exécutif sera composé, après le remplacement de Temmam, en détention presque secrète à El-Harrach et de Gaumont, en défection, par 12 personnalités : Farès Abderrahmane, président, Roth Roger, vice-président et représentant du Haut Commissariat pour l’Algérie.
Manoni Jean, chargé des finances, et Mostefaï Chawki, chargé des affaires générales et représentant du GPRA. Cheikh M. Hamed, chargé de l’agriculture, El-Hassar, responsable de l’ordre public, Hamidou Boumedienne, en charge des affaires sociales. Koening Charles, responsable des travaux publics, Cheikh Bayoud, chargé des affaires culturelles, Benteftifa Mohamed, en charge des Postes, Abdesselam Belaïd, en charge des affaires économiques et, enfin, Chentouf Abderrezak, responsable des affaires administratives. Une fois constitué, l’Exécutif provisoire rentre à Rocher Noir le 29 mars pour tenir sa première séance de travail le 13 avril.
Un premier rendez-vous qui a failli tourner au clash quand la partie française a voulu s’emparer de la gestion de l’ordre public. Mais un compromis sera vite trouvé avec l’installation du chef de cabinet d’El-Hassar sur proposition de Chawki Mostefaï.
Passé ce premier couac, l’Exécutif provisoire ouvrira le chantier de l’armistice en créant une commission mixte, présidée par Abdelmadjid Allahoum, composée d’officiers algériens et français, avec pour mission l’application des clauses militaires des accords d’Évian. Le deuxième chantier sera l’organisation de la force locale, des réseaux de renseignement et l’obtention de la Fédération de France du FLN, l’envoi de militants pour renforcer les commissariats de police. Le troisième chantier sera de s’occuper d’urgence des milliers de refugiés qui commençaient à affluer.
Enfin, le quatrième est celui de la donne OAS. Pour Farès, “la solution du problème était dominée par la question de l’OAS et de ses soi-disant alliés algériens, en l’occurrence le colonel ‘Si Cherif’, avec ses 850 hommes stationnés dans la région d’Aïn Boucif et Abdellah Selmi, avec ses 800 hommes stationnés dans la région de Bou-Saâda”. Ainsi, au début du mois de mai, c’est Abderrahmane Farès, lui-même, sans armes ni escorte, qui négocia directement la reddition du colonel “Si Cherif”. Il fera la même chose, le 23 mai, avec Abdellah Selmi, mais cette fois-ci, lors de la conclusion de la reddition, il y aura la présence des représentants de la wilaya IV, Si Lakhdar et Bousmaha.
Après avoir coupé à l’OAS ses arrières, Farès, selon ses mémoires, alla lui-même à la rencontre avec Susini, et ce, grâce à ses amitiés dans le milieu européen. Il y aura trois rencontres dont la dernière fut en date du 17 juin, et sera conclue, le soir même, par l’appel lancé à la télévision par Susini annonçant la fin des hostilités et de la triste histoire de la sinistre organisation.                                                                                                                                  Avec du recul, le travail de l’Exécutif provisoire fut titanesque de par les enjeux, mais aussi des dissensions ayant miné les deux camps : GPRA-EM et Européens entre eux.

Mourad KEZZAR

Categorie(s): actualité

Auteur(s): KEZZAR Mourad

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