L’Algérie dispose pourtant d’une centaine de structures, Laboratoires de contrôle de la qualité, le maillon faible

Liberte; le Mercredi 13 Juin 2018
3

Au-delà du coup porté à l’image du pays, l’affaire du refoulement de marchandises algériennes exportées, récemment, vers la Russie et le Canada renseigne surtout sur les défaillances qui peuvent exister au niveau des mécanismes de contrôle de la qualité des produits dans notre pays. Pourtant, il existe un organisme censé accompagner les opérateurs algériens dans leurs opérations d’exportation. Le Centre algérien du contrôle de la qualité et de l’emballage (CACQE), puisque c’est de lui qu’il s’agit, établit au profit de l’exportateur un certificat de conformité et/ou sanitaire pour les produits destinés à l’exportation.
Ce document est établi sur la base de la réglementation du pays destinataire et de la fiche technique du produit avec analyses d’échantillons de produits. Reste que ce certificat de conformité n’est pas une pièce constitutive du dossier d’exportation. À ce titre, il n’est délivré qu’à la demande de l’opérateur économique exportateur lorsque le pays importateur le lui exige. Globalement, l’Algérie dispose de 100 laboratoires de contrôle.
Un nombre jugé insuffisant pour assurer les besoins du marché national, notamment en matière d’exportation. Pour l’industrie alimentaire, le secteur dispose de 25 laboratoires de contrôle de la qualité des produits en vente sur le marché national. Ces laboratoires ne disposent pas des moyens nécessaires pour effectuer le contrôle technique, ce qui amène le secteur à faire appel à d’autres laboratoires et ceux des services de police et de gendarmerie et d’autres laboratoires. Outre les laboratoires de la répression des fraudes, il existe 226 laboratoires d’analyses autorisés par le ministère
du Commerce.
Mais de l’avis de nombreux experts qui s’expriment sur le sujet, l’Algérie ne dispose pas de laboratoires de contrôle dignes de ce nom. Ils en veulent pour preuve que certains pesticides, malgré leur interdiction ailleurs, continuent à être utilisés, alors qu’ils comportent des risques avérés pour la santé. Si le contrôle fait défaut sur les produits à l’exportation, il est également pointé du doigt à l’importation. Le manque d’exigence sur la qualité des intrants à l’importation fait que les opérateurs nationaux utilisent des produits de très mauvaise qualité, ce qui se répercute sur la qualité du produit fini.
Certains intervenants, dans le domaine du commerce extérieur, n’ont cessé, ces dernières années, d’évoquer la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle.

Saïd Smati

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Smati Saïd

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..