L’origine de la crise est qualifiée d’exogène, Le bilan négatif de Bouteflika guère assumé

Liberte; le Lundi 18 Septembre 2017
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Le Premier ministre Ahmed Ouyahia n’a pas pu s’empêcher, dans sa présentation du plan d’action du gouvernement, de positiver le bilan du chef de l’État depuis son investiture en 1999.   “L’Algérie a réussi, une fois sortie de la tragédie nationale, à réaliser de grands rattrapages puis d’importantes avancées dans tous les domaines du développement humain.”
Selon lui, l’origine de la crise financière qui affecte le pays n’est pas interne. “Face à cette  crise importée de l’extérieur, le gouvernement a décidé de recourir au financement non conventionnel interne comme l’ont fait d’autres pays développés, à la suite de la crise financière mondiale.”
En fait, la démarche du Premier ministre suit un raisonnement destiné à justifier d’abord le recours à la planche à billets. Il présente dans son plan d’action une situation financière du pays qualifiée de très grave. Quelques jours après, il amorce un virage à 360 degrés. Son discours est plus optimiste : “La crise est derrière nous depuis l’adoption de la loi sur la monnaie.”
Une fois assuré du soutien de la majorité du Parlement, c’est l’euphorie. Comme si la loi sur la monnaie et le crédit était déjà adoptée et qu’il avait déjà en main la manne tirée de l’émission par la Banque d’Algérie de nouveaux billets (planche à billets) pour renflouer les caisses de l’État. Parallèlement, aussi bien dans son plan d’action que dans ses derniers discours, il ne cesse de glorifier les années de gestion du président Bouteflika.
Par souci d’objectivité, il faudra reconnaître, au demeurant, que l’Algérie a connu des avancées en matière de développement humain salué par les Nations unies ainsi qu’au plan des infrastructures depuis 2000. Mais ces réalisations ne peuvent occulter l’échec du chef de l’État à ériger avec les 800 milliards de dollars investis depuis 2000, une économie diversifiée moins dépendante des hydrocarbures, une industrie solide capable de produire des quantités de biens en substitution aux importations.La crise financière, dont la manifestation actuelle est l’absence de ressources en dinars, les caisses étant vides – nous n’avons pas de quoi payer les salaires de novembre, avait-il affirmé — est un aveu d’échec de cette politique de développement trop axée sur la réalisation d’infrastructures et trop dépendante des financements publics. Une politique d’ailleurs entachée par la corruption et la mauvaise gestion des projets dont les signes sont les énormes surcoûts et les multiples malfaçons, un grand gaspillage de l’argent public.
Il ne faut pas également oublier que cette ère a été marquée par les importants transferts illégaux de devises, via les surfacturations et la prédominance de l’informel dans la vie économique du pays. Résultat des courses, en dépit des 800 milliards de dollars injectés au titre des dépenses publiques depuis 2000, l’Algérie connaît d’importants retards dans de multiples domaines : l’économie numérique, la modernisation de  l’administration du système bancaire et financier, de la logistique, des systèmes éducatifs et de santé en quête désespérée de qualité, l’initiative en matière d’investissement pas encore libérée. Autant de freins à la dynamique de création de richesses et d’emplois.

K. Remouche

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Remouche Khaled

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