Le PLF-2019 l’y autorise, Le FNI vole au secours de la CNR

Liberte; le Jeudi 8 Novembre 2018
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Intervenant hier devant la commission des finances et du budget de l’APN, dans le cadre de  l’examen du projet de loi de finances 2019, Mourad Zemali, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, a indiqué que le Fonds national d’investissement (FNI) va allouer des ressources sur de longues périodes, (des prêts étalés sur 40 ans) à la Caisse nationale des retraites (CNR).
Le projet de loi de finances 2019,  en cours d’examen actuellement, par ladite commission l’y autorise. Il s’agit là, a-t-il ajouté,  de l’une des dispositions phares du projet de loi dont il est question. La disposition stipule que le projet de loi autorise le FNI à accorder des prêts à long terme (jusqu’à 40 ans dont un délai de différé de 20 ans), à taux bonifiés, à la CNR. L’État va ainsi renflouer la Caisse par le biais d’un instrument peu utilisé jusqu’ici dans le financement et le renforcement de la solidarité intergénérationnelle. Cette décision s’ajoute à d’autres mesures déjà prises dont l’objectif est de parvenir, à terme, à l’équilibre financier de la CNR ainsi qu’à l’amélioration de la couverture financière du système national des retraites. Le FNI intervient ainsi sur un terrain qui ne lui est pas familier. Son rôle principal et sa mission d’organisme financier soutenant la concrétisation de la politique de développement est d’accorder des fonds d’investissement stables. Ainsi, le FNI agit d’une part en tant qu’instrument financier de l’État chargé de gérer les financements du Trésor destinés au secteur productif, d’administrer les concours définitifs octroyés par l’État pour financer des opérations d’équipement public.
Le FNI est par ailleurs chargé du financement sur ses propres ressources de la création et du développement des entreprises des secteurs privé et public en priorisant les aspects rentabilité et gestion du risque sans occulter l’intérêt général en relation avec la politique du gouvernement. La CNR accumule les déficits depuis plusieurs années. Le  ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale a, d’ailleurs, mis sur la table une série de chiffres à ce propos, précisant que le déficit de la Caisse est passé de
155,1 milliards de dinars en 2014 à environ 564 milliards de dinars en 2018. Abyssal ! Mourad Zemali a, devant les membres de la commission parlementaire, défendu la politique sociale prônée par l’État en matière de sécurité et de protection sociales, d’aides publiques et de retraite, entre autres. En chiffres, les crédits budgétisés pour les transferts sociaux, établis dans le cadre du projet de loi de finances pour 2019, couvriront notamment plus de 445 milliards de dinars destinés au soutien aux familles, tandis que près de 290  milliards de dinars sont destinés aux retraites.
S’y ajoute une dotation d’appui de
500 milliards de dinars à la CNR. M. Zemali a en outre indiqué que 14 millions de cartes Chifa ont été élaborées. Il a également ajouté que le système de sécurité sociale garantit actuellement une large couverture sociale au profit de plus de 39 millions de citoyens, et d’autres catégories : personnes démunies et aux besoins spécifiques, et ce, grâce à la contribution de l’État. Selon le  ministre, 3 225 000 personnes bénéficient de la retraite. Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, a par ailleurs rappelé les fondamentaux du projet de loi de finances pour 2019, un projet élaboré sur la base d’un cadrage macroéconomique prudent avec un prix du pétrole à 50 dollars le baril, un taux de   croissance de 2,6% et un taux d’inflation de 4,5%. Dans sa partie budgétaire, le texte prévoit des recettes budgétaires de 6 508 milliards de dinars, en légère hausse par rapport à celles de 2018, dont 2 714 milliards de dinars de fiscalité pétrolière.
Quant aux dépenses budgétaires, elles s’élèveront à 8 557 milliards de dinars, en  légère baisse par rapport à celles de 2018.  Concernant le budget de fonctionnement, il est estimé à 4 954 milliards de dinars avec une légère hausse découlant de la situation sécuritaire aux frontières ainsi que du relèvement des transferts sociaux qui atteindront 1 763 milliards de dinars, soit près de 21% de la totalité du budget de l’État.

Youcef Salami

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Salami Youcef

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