Les détenus du Hirak vont faire appel de leur condamnation, Deux marches à Casablanca et à Rabat

Liberte; le Dimanche 8 Juillet 2018
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Deux marches populaires auront lieu aujourd’hui à Casablanca et à Rabat, dans le seul et même objectif de demander l’annulation des peines de prison requises à l’encontre des détenus du Hirak du Rif et leur libération immédiate. Ces deux manifestations auront lieu à l’appel de plusieurs partis politiques et autres organisations de la société civile qui dénoncent le verdict d’une justice à la solde d’un gouvernement marocain incapable de répondre aux revendications sociales par le développement économique et la promotion des droits de l’homme. La première marche démarre à 10 heures de la place de la Victoire, selon ses organisateurs, majoritairement des partis et des associations de gauche. La deuxième marche est initiée par les militants du Hirak rifains et les familles des détenus, au nombre de 53 prisonniers, dont les quatre leaders sont condamnés à 20 ans de prison ferme. Cette deuxième manifestation se déroulera à Rabat à la même heure et démarrera de Bab El-Had, selon le comité de soutien aux détenus du Hirak. Les initiateurs de ces deux marches estiment que les détenus du Hirak sont “victimes d’une injustice”. Leur tort c’est d’avoir manifesté durant des semaines contre la marginalisation du Rif pendant des décennies. L’élément déclencheur de leur colère est la mort d’un jeune poissonnier, écrasé par une benne à ordure en essayant de sauver quelques caisses de marchandises que des policiers zélés lui ont saisies. Par ailleurs, les détenus du Hirak, dont la figure de proue Nasser Zefzafi, ont finalement décidé de faire appel de leur condamnation sauf Rabie El Ablaq, contributeur au site d’information Badil.info, qui a entamé une nouvelle grève de la faim qui l’a conduit à l’hôpital, selon le journal marocain en ligne Le Desk.  Depuis leur condamnation le 26 juin dernier, les détenus du Hirak sont entrés en grève de la faim et avaient refusé, dans un premier temps, de faire appel d’une condamnation qui a provoqué l’émoi au Maroc et dans plusieurs autres pays. De nombreuses manifestations de soutien ont d’ailleurs eu lieu dans plusieurs capitales européennes et devant le siège de l’organisation onusienne de défense des droits de l’homme à Genève. Mais Rabat semble déterminé à faire taire toute voix réclamant un minimum de dignité dans le pays de sa majesté le roi Mohammed VI, qui passe le gros de son temps à l’étranger, soit pour des soins soit pour de longues vacances.

Lyès Menacer

Categorie(s): international

Auteur(s): Lyès Menacer

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