Mohamed Hattab, Ministre de la Jeunesse et des Sports, “Il faut éviter la précipitation quant au choix du nouveau sélectionneur national”

Liberte; le Dimanche 22 Juillet 2018
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Le peuple algérien est impatient de connaitre l’identité du nouvel entraîneur des Verts. Les amoureux de l’équipe nationale s’interrogent. Et la dernière sortie du président de la FAF Kheireddine Zetchi n’est pas pour rassurer les Algériens lesquels avaient nourri de gros espoirs de voir Halilhodzic reprendre les rênes de la sélection nationale. “Ce ne sera pas Halilhodzic, ni Renard, encore moins Queiroz. Nous sommes en train de négocier avec des entraîneurs de métier. Le nouvel entraîneur sera connu au plus tard début août”, avait déclaré le patron de la FAF en marge des Jeux africains de la Jeunesse qui se déroulent à Alger. 24 heures plus tard, c’est au tour du ministre de la Jeunesse et des Sports Mohamed Hattab de s’exprimer sur la question tout en demandant aux dirigeants de la FAF de prendre leur temps afin de choisir le bon profil. “Il y a un travail qui se fait et l’affaire est entre de bonnes mains. Ce n’est pas la peine de faire dans la précipitation pour commettre des erreurs. D’ailleurs, il faut apprendre de nos erreurs pour se corriger à l’avenir. La nomination d’un entraîneur exige une concertation avec des gens du domaine, le tout dans un climat de sérénité. Maintenant, si on commence à donner des noms comme ça à tort et à travers (comme cela se fait actuellement) travers les raisons sociaux, forcément cela va influer négativement”, avait indiqué M. Hattab. Le MJS ne veut pas revivre le scénario du passé avec des erreurs de casting à la tête de la barre technique des Verts qui ont coûté du temps et de l’argent à la trésorerie de la haute instance fédérale en ces temps de vaches maigres. Rabah Madjer, un énième épisode de l’équipe de l’équipe nationale, qui se termine non sans encombre. Mais il ne faut pas faire porter le chapeau aux différents sélectionneurs, qui se sont succédés à la barre technique des Verts. À propos des résultats catastrophiques réalisés par l’équipe, il faudra voir ailleurs car le mal est multidimensionnel. Il ne faut surtout pas omettre le rôle négatif de l’administration, qui gère les affaires de l’équipe, à savoir la Fédération algérienne de football.
Cette dernière est loin d’être exempte de tout reproche. Elle est même la principale responsable du déclin du niveau des Verts. Les chiffres peuvent en témoigner. Si nous prenons la période 2010-2018, c’est-à-dire depuis que l’Algérie a retrouvé une certaine embellie footballistique, l’équipe d’Algérie a vu défiler pas moins de 9 sélectionneurs.
 
10 coaches entre 2010 et 2018
À titre de comparaison, 11 coaches seulement se sont succédés à la tête de la Mannschaft en 110 ans. Après la qualification à la Coupe du monde 2010, tout le monde espérait que cette performance allait être le déclencheur d’une nouvelle ère, qui mènera vers la stabilité au niveau de l’encadrement technique pour maintenir l’équipe d’Algérie au sommet du football continental, voire mondial surtout avec l’émergence d’une génération de joueurs très talentueux. Mais au lendemain d’un Mondial en Afrique du Sud, certes, qui nous a laissé sur notre faim, le président de la FAF de l’époque, Mohamed Raouraoua, n’a pas jugé utile de maintenir le staff technique pour faire dans la continuité. Saâdane a été débarqué après 35 mois d’exercice, remplacé par Benchikha.
Première erreur de casting. Le technicien n’est pas allé au delà de 8 mois, conséquence d’une élimination à la CAN-2012. Remplacé par Vahid Halilhodzic, le début de ce dernier avec l’équipe d’Algérie n’était pas encourageant. Mais la FAF l’avait maintenu contre vents et marrées. Le passage du Bosnien au sein des Verts a été sauvé par une qualification au Mondial brésilien où l’Algérie avait même failli créer la surprise en 8es de finale devant le futur vainqueur, l’Allemagne. Raouraoua, qui n’a jamais porté Halilhodzic dans son cœur, lui avait proposé une prolongation de contrat, mais ce dernier avait refusé.
L’ex-président de la FAF savait que coach Vahid n’allait pas prolonger avant la fin du Mondial, il lui a ramené un entraîneur en pleine compétition au Brésil. Une manière de dire à Halilhodzic qu’après le Mondial, il ne sera plus sélectionneur. Malgré le soutien des hautes autorités de l’État, le Bosnien avait décidé de partir.
Son bilan ? Il fut l’un des meilleurs puisqu’en 30 matches, il avait remporté 18, contre 5 nuls et 7 défaites. Remplacé par le Français Gourcuff, dont l’objectif était d'entretenir la dynamique enclenchée au Mondial et tenter de construire un style de jeu à installer dans la durée, ce dernier s’en est allé également avant terme. En avril 2016, il a dû quitter son poste en raison de la détérioration de sa relation avec les responsables. Finalement Gourcuff n’était resté que 20 mois.
Il avait métamorphosé le jeu des Verts, basé sur la possession du ballon et son bilan est plus ou moins positif (13 victoires, 3 nuls et 5 défaites) et une bonne CAN-2015. Son adjoint, Nabil Neghiz, avait assuré l’intérim pendant deux mois pour assurer la qualification à la CAN 2017.
La valse des entraîneurs s’est poursuivie avec l’arrivée-départ la plus rapide de Milovan Rajevac, confronté à l’insurrection de certains cadres de l'équipe ayant réclamé son départ. Leekens revient et emmène l’équipe au Gabon pour la CAN, mais il a “sauté” dès son retour au pays. C’était la fin de la période Raouraoua, qui a “consommé” sept sélectionneurs en sept ans. Son successeur, Kheireddine Zetchi, n’est pas en reste.
Il est en train de battre un record puisqu’en une année il s’apprête à désigner son troisième coach. Alcaraz arrive en avril 2017 et il est débarqué six mois après. Remplacé par Madjer, ce dernier ne va pas s’éterniser puisqu’il s’en va après 8 mois d’exercice. Qui sera le 10e sélectionneur en 8 ans ? Il semble que personne ne veut venir.

Malik A.

Categorie(s): sports

Auteur(s): Malik A

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