Offensive militaire turque contre les Kurdes en Syrie, Erdogan veut aller jusqu’au bout de l’opération

Liberte; le Samedi 27 Janvier 2018
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Le président turc Recep Tayyip Erdogan a promis, jeudi, de mener à terme une offensive dans le nord de la Syrie visant un canton kurde qui a exhorté Damas à intervenir pour stopper les avions d'Ankara. Entre-temps, les frictions entre la Turquie et les États-Unis au sujet de l'opération d'Ankara ont éclaté au grand jour, jeudi, au lendemain d'un entretien téléphonique entre M. Erdogan et le président américain Donald Trump. Au sixième jour de cette offensive contre le canton d'Afrine qui suscite l'inquiétude de plusieurs pays, M. Erdogan s'est rendu, lors d'une visite surprise à la frontière syrienne, au QG de commandement de l'opération dans la province de Hatay, en compagnie du chef de l'armée et du ministre de la Défense, selon la présidence turque. Lors de ce déplacement, il a affirmé que “l'offensive, qui vise la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), considérée comme terroriste par Ankara, se poursuivrait jusqu'à ce que le résultat soit obtenu”, selon un communiqué de la présidence turque. Le président turc, en veste de camouflage militaire, a assuré que “l'opération visait à nettoyer Afrine des terroristes et à permettre aux Syriens réfugiés en Turquie de rentrer dans leur pays”. De l'autre côté de la frontière, où les Kurdes disposent d'une région de facto autonome, un responsable du canton d'Afrine a appelé le régime de Bachar al-Assad à l'aide. “L'État syrien (...), avec tous les moyens qu'il a, devrait faire face à cette agression et déclarer qu'il ne permettra pas aux avions turcs de survoler l'espace aérien syrien”, a indiqué à l'AFP Othmane al-Cheikh Issa, co-président du Conseil exécutif du canton. L'intervention turque dans le nord de la Syrie complique encore un peu plus la guerre qui a fait plus de 340 000 morts depuis 2011. Le conflit implique plusieurs puissances régionales et internationales, comme la Turquie et les États-Unis, tous deux opposés à Bachar al-Assad, mais aux intérêts parfois divergents. Lors d'un entretien téléphonique entre M. Trump et M. Erdogan, selon le compte rendu de la Maison- Blanche, le président américain a exhorté la Turquie à réduire et limiter ses actions militaires, et  demandé d'éviter toute action qui risquerait de provoquer un affrontement entre les forces turques et américaines. Mais Ankara a affirmé que “le président Trump n'avait pas exprimé d'inquiétude (à propos) d'une escalade de la violence à Afrine”.

R. I./Agences

Categorie(s): international

Auteur(s): Rub.Etranger

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