Proportion des mentions au bac 2018, Benghabrit et Hadjar livrent des chiffres contradictoires

Liberte; le Jeudi 9 Aout 2018
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Un écart de 18 687 bacheliers avec mention apparaît entre les chiffres livrés par le ministère de l’Éducation nationale et celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

 

Sur la proportion des lauréats ayant obtenu des moyennes égales ou supérieures à 14/20 à l’issue du baccalauréat session juin 2018, une grande différence apparaît entre les chiffres fournis par l’Office national des examens et concours (Onec) répercutés par la ministre de l’Éducation national, lors de la cérémonie en l’honneur des meilleurs bacheliers, et ceux livrés, avant-hier, par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Les résultats consolidés par le département de Nouria Benghabrit se déclinent comme suit : 408 lauréats avec mention excellent (+ de 18/20), 7 957 ont obtenu la mention très bien (entre 16 et 17,99/20), 19 415 la mention bien (entre 14 à 15,99/20) et 44 163 mention assez bien (entre 12 et 13,99/20). Alors que Tahar Hadjar a affirmé, lors de sa dernière conférence de presse, que 8 586 bacheliers ont réussi avec la mention très bien, 24 858 avec la mention bien et 56 778 avec la mention assez bien (statistiques consignées dans le document remis à la presse). Ce qui présente une différence de 629 reçus pour la première catégorie, 5 443 pour la seconde et 12 615 dans la troisième. Ce qui donne un différentiel cumulé de 18 687 bacheliers justifiant de moyennes générales égales ou supérieures à 14/20 entre les données du ministère de l’Éducation nationale et celles de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. L’écart est tellement important qu’il ne peut découler d’une simple erreur de calcul. Il profite à quel secteur ? Probablement à l’enseignement supérieur. Le ministre de tutelle, Tahar Hadjar, n’a pas manqué, d’ailleurs, de justifier, mardi, lors de son point de presse, le relèvement des moyennes minimales d’affectation aux écoles et universités fortement convoitées, par le nombre important des lauréats qui ont décroché le bac avec de bonnes mentions (excellent, très bien et bien) par rapport à l’année dernière (entre 15,43 et 18,09/20 selon les spécialités). Ces pôles d’excellence sont réservés, dès lors, à environ 10% des nouveaux étudiants. Le reste est éparpillé dans les filières qui relèvent du système LMD (Licence-Master-Doctorat). 10 495 bacheliers ne sont pas encore orientés car aucune de leur quatre options retenues, à la première phase des préinscriptions, n’a été satisfaite, car n’ouvrant pas droit aux spécialités choisies. Les mécanismes d’orientation adoptés par le département dirigé par Tahar Hadjar visent davantage à caser les reçus au bac, plutôt que de les affecter aux spécialités qui correspondent à leurs capacités et qui respectent leurs choix de carrière. Le membre du gouvernement l’a reconnu explicitement : “Le rôle de l’université n’est pas de former des étudiants pour le recrutement professionnel. Son rôle est de former l’étudiant pour qu’il soit capable d’être recruté.” Le déphasage entre les objectifs réels de l’enseignement supérieur et l’absence de vision prospective des administrateurs du secteur vide substantiellement l’université de sa raison d’être. Conséquence : des centaines de milliers de diplômés universitaires mal formés et massivement en chômage. Ceux qui reçoivent un enseignement de qualité, car ils ont pu intégrer l’une des grandes écoles et facultés, poursuivent, généralement, leurs études post-graduées à l’étranger.

Souhila H.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Hammadi Souhila

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