RCD, PT, Talaie El-Houriat, FFS et Jil jadid, Entre prudence et désintérêt

Liberte; le Jeudi 6 Decembre 2018
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L’offre surprise du président de Taj, l’ancien ministre Amar Ghoul, aujourd’hui sénateur désigné dans le tiers présidentiel, n’est pas de ces idées ingénieuses qui drainent tout de suite adhésion. La classe politique, alliés comme opposition, à laquelle elle s’adresse, reste prudente, ne sachant pas si Ghoul fait part d’une initiative partisane ou ne fait que le préposé à la vente d’une idée venue d’ailleurs.

L’appel du président du parti pro-pouvoir, TAJ, Amar Ghoul, à une conférence nationale inclusive n’emballe pas les partis de l’opposition. Ces derniers se montrent, en effet, plutôt dubitatifs par rapport à l’initiative. Certains, à l’instar du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), ou encore le Parti des travailleurs (PT), ne trouvent même pas matière à débat, estimant que l’auteur de l’appel est chef d’un parti politique sans ancrage. “Je n’ai pas à répondre à Amar Ghoul”, tranche, sans trop méditer, Mohcine Belabbas, président du RCD. Tandis que la direction du PT préfère attendre pour “voir plus clair” par rapport à l’entreprise de Ghoul. Le parti de l’ancien chef de gouvernement, Ali Benflis, Talaie El-Houriat, estime, quant à lui, qu’un appel de ce genre ne doit pas émaner d’Amar Ghoul qui, pour lui, n’est qu’un chef d’un “petit” parti politique. “S’il existe vraiment une volonté de dialoguer avec l’opposition, sans exclusion aucune, c’est au chef de l’État ou à ceux qui gouvernent en son nom d’adresser une invitation officielle aux partis politiques, et non pas à Amar Ghoul qui ne représente qu’un chef de petit parti politique créé par le pouvoir”, a commenté Ahmed Adimi, cadre et membre du comité central de Talaie El-Houriat. Ce dernier dit ne pas voir d’inconvénients à aller vers un dialogue inclusif, rappelant même qu’il s’agit là d’une revendication formulée depuis plus de trois ans par son parti et l’opposition, en général. Mais à condition, dit-il, que les représentants du pouvoir ne viennent pas au dialogue avec “un ordre du jour préétabli”, encore moins pour prôner la continuité et la stabilité qu’ils mettaient inlassablement en avant. “Cela fait trois ans que Talaie El-Houriat réclame un dialogue entre l’ensemble des partis politiques, le pouvoir, les personnalités politiques et la société civile. Nous avons toujours dit qu’il y avait une crise politique aiguë que le pouvoir tout seul ne peut pas régler, parce que c’est lui-même qui l’a créée. Et l’opposition ne peut pas faire face toute seule à cette crise. Donc, un dialogue national est même vital pour sortir de la crise”, dit Adimi, avant de poursuivre : “Mais à condition que les représentants du pouvoir acceptent de se présenter à ce dialogue comme le reste des représentants de la classe politique. C’est-à-dire qu’ils ne nous imposent pas leur feuille de route. L’objectif est d’aller vers une véritable transition démocratique pour l’édification d’un État de droit. Sont-ils prêts pour ça ? S’ils sont d’accord, nous sommes prêts à dialoguer avec eux. Mais si c’est pour chercher à prolonger la vie du système, nous leur disons niet.” Pour sa part, le Front des forces socialistes FFS), qui se réclame “précurseur” du projet de consensus, ne semble pas non plus intéressé par l’appel de Ghoul. “Nous n’avons pas été contactés pour cette conférence”, répond Abdou Jugurtha, chargé de communication du FFS, qui rappelle que le projet de son parti est de trouver un “consensus pour un changement du système, et non un changement dans le système”. De son côté, le parti de Soufiane Djilali, Jil Jadid, lui, récuse toute idée de dialogue où le président Bouteflika serait présent. “Pour Jil Jadid, le déblocage de la situation ne peut se faire en la présence d’Abdelaziz Bouteflika. Si c’est pour garder Bouteflika, nous ne sommes pas concernés. Le changement du système passe par le changement de sa tête, qui est Abdelaziz Bouteflika”, a répondu le porte-parole du parti, Habib Brahmia.  

Farid Abdeladim

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Categorie(s): actualité

Auteur(s): Farid Abdeladim

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