Rencontre à Oran sur leur introduction dans l’institution financière, La Bourse d’Alger courtise les PME de l’Ouest

Liberte; le Jeudi 6 Decembre 2018
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Le directeur général de la Bourse d’Alger, Yazid Benmouhoub, et le DG de la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse (Cosob), Hakim Berrah, n’ont pas ménagé leurs efforts, hier à Oran, pour convaincre les PME de rejoindre l’institution financière qui, après vingt ans d’existence, ne compte que cinq sociétés.
À l’occasion de la journée d’étude régionale sur l’introduction en Bourse pour les PME, organisée par le Club des entrepreneurs et investisseurs d’Oran (CEI), les deux responsables - il faut le dire, appuyés par un wali d’Oran qui a exhorté les entreprises à “oser” le pari - ont exposé tous les avantages que les PME pourront tirer de leur introduction en Bourse : aucune hypothèque exigée, financement complémentaire au financement bancaire, pérennisation de l’entreprise, levée des capitaux et renforcement des fonds propres, meilleure visibilité sur les marchés, fidélisation des salariés par l’intéressement à l’actionnariat, exonération des dividendes… Bref, les possibilités de croître et de prospérer sont multiples et réelles, selon les intervenants. “Le relais idéal pour des sociétés qui activent depuis des années serait un financement à travers la Bourse”, a notamment assuré Yazid Benmouhoub en parlant des 5 400 PME qui ont été créées à Oran entre 2011 et 2018. Pour le DG de la Bourse d’Alger - qui a également rappelé que pas moins de 4 800 milliards de dinars échappent à la sphère économique -, la méconnaissance et la peur de la transparence empêchent les entreprises de rejoindre l’institution financière malgré les atouts importants qu’elle offre. “L’exigence de la transparence n’est pas propre à la Bourse, elle est contenue dans le code du commerce datant des années 1970, qui stipule que tout actionnaire a un droit de regard (…) Seulement, comme le nombre d’actionnaires est important au niveau d’une Bourse, nous demandons automatiquement la divulgation de l’information à un niveau plus élevé”, a-t-il expliqué en tentant d’apaiser les craintes des entrepreneurs. Le DG de la Cosob, Hakim Berrah - qui a confirmé que la divulgation des informations financières explique la réticence des entreprises à entrer en Bourse - a notamment alerté sur la carence de passerelles entre l’université et l’entreprise, qui fait que les travaux de recherche engagés par la première sont souvent “déconnectés” des besoins de la seconde. D’où, a-t-il préconisé, la nécessité de créer un “cluster finance”, qui permette de conduire des recherches sur les innovations. “Contrairement à ce qu’on pense, la révolution digitale creuse le fossé entre nous et les pays avancés parce que, même si nous développons les outils, nous n’arrivons pas encore à développer le contenu”, a-t-il déclaré en soutenant qu’il incombe aux entreprises de prendre en charge la révolution numérique pour plusieurs impératifs dont la protection de données.
Les responsables locaux ont appelé les entreprises à rejoindre l’effort de développement de l’économie nationale. “La Bourse est le cœur battant de l’économie, et c’est elle qui va nous permettre d’avoir une meilleure visibilité sur l’état de l’économie nationale”, a déclaré le wali en louant les vertus de la Bourse qui permet une meilleure traçabilité sur les flux monétaires.

S. Ould Ali

Categorie(s): actualité

Auteur(s): S. Ould Ali

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