Un incendie s’est déclaré sur le navire en pleine mer, Que s’est-il passé à bord du “Tariq Ibn Ziyad” ?

Liberte; le Lundi 13 Novembre 2017
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Une cellule de crise a été installée à Alger et une délégation s’est rendue, hier, en Espagne, pour faire un état des lieux sur l’incident et entamer les démarches pour rapatrier les voyageurs.

Un violent incendie s’est déclaré dans la soirée de samedi dans le compartiment réservé aux véhicules du navire de transport de voyageurs “Tariq Ibn Ziyad”, relevant de l’Entreprise nationale de transport maritime de voyageurs (ENTMV). Selon la compagnie, le sinistre est parti d’un véhicule, appartenant à un passager, qui a pris feu alors que le navire se trouvait au nord des îles Baléares, en provenance de Marseille et à destination d’Alger.
Selon la même source, “cet incendie qui s’est propagé rapidement, causant ainsi la calcination d’une trentaine de véhicules, a été maîtrisé grâce à l’intervention rapide et efficace de l’équipage entraîné pour de telles situations d’urgence, appuyé en cela par le bon fonctionnement des systèmes de lutte contre l’incendie à bord”. Fort heureusement, les flammes ne se sont pas propagées à la passerelle et aux compartiments où se trouvaient 472 passagers. Dans un communiqué rendu public, hier matin, l’ENTMV a indiqué qu’“aucune perte humaine, ni de blessé parmi les passagers et l’équipage n’ont été enregistrés”. Aussitôt alertée, la direction générale de cette entreprise a installé une cellule de crise pour suivre l’évolution de cet incident et prendre les mesures nécessaires, notamment pour immobiliser le navire et effectuer le constat par une compagnie d’assurance espagnole, débarquer et prendre en charge les passagers en attendant leur rapatriement, entamer les démarches administratives et mobiliser la logistique nécessaire pour également rapatrier le “Tariq Ibn Ziyad” pour les besoins d’une enquête tant technique que judiciaire. D’ailleurs, l’ENTMV a précisé qu’“une enquête sera rapidement diligentée pour déterminer les causes exactes de cet incendie et situer les responsabilités”. En attendant, la même source a affirmé que ce car-ferry “connaîtra quelques modifications”. Aussi, l’ENTMV a décidé de mobiliser et de réquisitionner le navire “El Djazaïr II”, à destination d’Oran en provenance de Marseille, pour rapatrier les passagers. Ce navire a été immédiatement dérouté sur le port d’Alcudia (Palma de Majorque) pour ramener les voyageurs au port d’Oran avant de rallier Alger. Des vidéos postées par plusieurs sites internet montraient des fumées denses qui se dégageaient de ce navire qui a frôlé une catastrophe, et ce, au moment où les passagers, qui inhalaient le gaz carbonique, ont été gagnés par une rare panique. Il aura fallu que le navire accoste dans un quai, au niveau du port de la ville d’Alcudia dans l’île de Majorque, pour que les voyageurs soient assistés par des équipes de sauvetage espagnoles, venues en force après l’alerte. “La situation a été maîtrisée après de longues heures de lutte contre les flammes. Les choses auraient pu évoluer autrement n’étaient le professionnalisme des équipages et leur entraînement à ce genre de situation”, a indiqué une source bien informée. Un haut responsable de la Marine nationale s’est déplacé sur les lieux pour entamer les procédures de l’enquête, alors que le bureau Veritas, chargé de vérifier l’application des règlements nationaux et internationaux en matière de sécurité maritime et de protection de l’environnement, sera à pied d’œuvre pour établir son constat pour les besoins des assurances.
Dans le même temps, le navire fera l’objet d’un contrôle pour vérifier sa conformité par rapport aux règles de l’ISM (International Safety Management), c’est-à-dire au code international de gestion de la sécurité applicable aux compagnies maritimes et pour tous les navires d’un tonnage supérieur à 500 UMS (Universal Measurement System, soit 100 pieds cubes).
D’autant que ce navire a été acquis en 1995 et que ces normes sont entrées en vigueur en 2002. Comment s’est déclenché cet incendie au niveau du véhicule incriminé ? Que diront les rapports établis par les équipes chargées d’effectuer des rondes chaque deux heures ? La passerelle a-t-elle été informée à temps pour déclencher les arrosages systématiques et mobiliser les équipes appropriées en cas de catastrophe ? Ce sont là les principales questions auxquelles les enquêteurs devront répondre, d’autant que ce genre de navire n’a pas une durée de vie limitée et qu’il est assujetti à l’acquisition de nouveaux armements pour être en conformité avec les règles de navigation.

FARID BELGACEM

 

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Farid BELGACEM

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