Vertigineuse chute des prix du pétrole, Le gouvernement sans plan de riposte

Liberte; le Mercredi 24 Decembre 2014
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S’il n’y avait qu’une seule chose à retenir de cette année 2014, cela serait incontestablement la baisse des prix du pétrole sur le marché international.

 En 2014, la chute des prix du pétrole a été vertigineuse et surtout rapide : depuis mi-juin, elle atteint presque 50%. Mi-décembre, les cours des deux barils de référence, le Brent à Londres et le WTI à New York, ont enfoncé à la baisse le seuil symbolique des 60 dollars. Le pétrole n'avait plus navigué à ces niveaux depuis 2009. Cette chute des prix du pétrole sonne comme la plus mauvaise nouvelle pour l'économie algérienne, car elle menace directement la rente liée aux exportations d'hydrocarbures. Avec 97% des revenus d'exportations provenant du pétrole et du gaz, l'Algérie est en permanence soumise à la hausse ou à la baisse des prix des matières premières sur le marché mondial.
Des experts estiment qu’avec un prix à moins de 80 dollars, c’est tous les indicateurs macroéconomiques des pays exportateurs de pétrole, y compris l’Algérie, qui vont virer au rouge.                                                                                                                                      
Le hic, c’est que le gouvernement n’a pas prévu cette chute des prix du pétrole. La loi de finances, malgré la dégradation des prix du baril depuis juin, n’a pas anticipé cette baisse dans la confection du budget 2015.
 Pis, le gouvernement n’a pas encore, à quelques jours de la fin de l’année, prévu une série de mesures pour atténuer l’impact de cette chute des cours sur l’économie nationale.
Des ministres affirment que le gouvernement ne va pas toucher aux subventions ni à l’abrogation du 87 bis. Mais n’a pas encore décidé s’il allait faire des coupes budgétaires : réduction du train de vie de l’Etat, report des investissements moins prioritaires et meilleure appréhension de l’assiette fiscale (lutte contre l’évasion fiscale, fiscalisation de l’informel, plus grand contrôle des sous-facturations à l’import).
Il y a quelques mois, le gouvernement avait annoncé qu'il visait, d'ici quelques années, 7% de croissance. Si ce taux fait rêver de nombreux pays européens en crise, il reste difficile à atteindre avec l’amoindrissement du matelas financier censé booster cette croissance, d’autant que, selon les prévisions, la chute des prix devrait se poursuivre en 2015 et impacter fortement les revenus de l’Algérie.
Face à la persistance de la chute des prix du pétrole et à l’absence d’une économie de substitution, le gouvernement est plus que jamais sur une corde raide.
Avec une facture d’importation qui explose et la rétraction des réserves de change, le gouvernement serait contraint de puiser dans le Fonds de régulation des recettes pour financer le déficit budgétaire et les mesures urgentes qu’il aura à décider.
Certes, l'exploitation des hydrocarbures demeure à ce jour un avantage pour l'Algérie, mais elle est aussi un inconvénient.
Aujourd'hui, grâce à ses ressources, l'Etat algérien est riche. Mais cette richesse, même si elle met le pays hors de danger, reste éphémère.

S. S.

Categorie(s): dossier

Auteur(s): Smati Saïd

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