Violences armées contre les Rohingyas en Birmanie, L’ONU dénonce un “nettoyage ethnique”

Liberte; le Mardi 12 Septembre 2017
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Face à l’exode massif des Rohingyas musulmans vers le Bangladesh, dont le nombre a dépassé le cap des 300 000 réfugiés, l’ONU a vivement dénoncé hier un “exemple classique de nettoyage ethnique”.

Après que Joseph Tripura, porte-parole du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) de l’ONU, ait estimé à plus de 313 000 le nombre de Rohingyas arrivés au Bangladesh depuis le 25 août, le haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Zeid Ra’ad Al Hussein a qualifié hier le traitement de la minorité musulmane rohingya par la Birmanie d’“exemple classique de nettoyage ethnique”.  Il a rappelé que le Conseil des droits de l’homme de l'ONU a mis sur pied le 24 mars dernier “une mission internationale indépendante” pour enquêter sur des exactions qui auraient été commises par des membres de l'armée contre la minorité musulmane des Rohingyas, mais la Birmanie n’a pas autorisé les experts à se rendre sur place. Ce refus de la Birmanie a pour conséquence que “l’évaluation actuelle de la situation ne peut pas être entièrement réalisée, mais la situation semble être un exemple classique de nettoyage ethnique”, a déclaré Zeid Ra’ad Al Hussein à l’ouverture de la 36e session du Conseil à Genève. Des attaques des rebelles rohingyas contre la police fin août en Birmanie ont déclenché une nouvelle répression de l’armée, laquelle selon le haut commissaire onusien “est clairement disproportionnée et sans égard pour les principes fondamentaux du droit international.” “Nous avons reçu de multiples rapports et des images satellites montrant des forces de sécurité et des milices locales brûlant des villages rohingyas, et des informations cohérentes faisant état d'exécutions extrajudiciaires, y compris de tirs sur des civils en fuite”, a-t-il souligné. “J’appelle le gouvernement à mettre un terme à son opération militaire cruelle” et aux “discriminations généralisées” dont souffrent les Rohingyas, et enquêter sur “toutes les violations”, a martelé Zeid Ra’ad Al Hussein devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Dénonçant un “déni complet de la réalité”, le haut fonctionnaire onusien a estimé que “le gouvernement devrait cesser de prétendre que les Rohingyas mettent le feu à leurs propres maisons”. Il s’est dit “consterné par les informations selon lesquelles les autorités de Birmanie ont commencé à poser des mines le long de la frontière avec le Bangladesh” et “d’avoir appris que les réfugiés qui ont fui la violence ne pourront revenir que s'ils peuvent fournir une ‘preuve de leur nationalité’.” “Cette mesure ressemble à un stratagème cynique visant à transférer de force un grande nombre de personnes sans qu'elles puissent revenir”, a dénoncé Zeid Ra’ad Al Hussein. Il a appelé le gouvernement birman à “mettre un terme à son opération militaire cruelle” et aux “discriminations généralisées” dont souffrent les musulmans rohingyas. À signaler que le dalaï-lama a fini par réagir face à cette répression sanglante en exhortant la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix comme lui, à trouver une solution pour les musulmans rohingyas. “Je vous appelle vous et vos collègues à tendre la main à toutes les composantes de la société pour tenter de rétablir des relations amicales au sein de la population dans un esprit de paix et de réconciliation”, a déclaré le leader spirituel des Tibétains dans une lettre à la dirigeante de fait du régime birman, consulté hier par l’agence AFP.

Merzak Tigrine

Categorie(s): international

Auteur(s): Merzak Tigrine

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