La seule force : à Hocine Aït Ahmed, seul

Tsa; le Mercredi 30 Decembre 2015
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La révolution est dans l’homme.
Ce qui est sorti, introverti,
ce qui est dans l’ancien perverti,
ce qui est renouvelé avant le progrès.
Et loin, dans ce qui n’est plus à venir,
l’homme est chez lui, et loin,
dans ce qui n’est plus en lui-même,
dans ce qui n’est plus lui-même, il est la mort même,
la plus commune, la peuplée, la fossoyeuse vérité,
la vie même, toujours elle, toujours chez elle.
Ce qui sera, ce qui sortira, une humanité
entrée seule dans le sang seul, ensanglantée seule,
contre elle-même, son alibi seul devant la vérité seule,
contre ses propres entrées, qui ne sera plus la même
pour toujours, devant sa révolution de toujours, la seule.
La fosse commune n’étant plus la même,
la commune démesure, pour témoigner, seule ;
et loin, et mort, et vérité, et révolution, ce qui sera.
La révolution est dans l’abattage d’un olivier mort-né,
dans l’air qui fait poumon seul dans mille poumons,
dans l’odeur raboteuse des chemins qu’on ne prend plus.
Qu’on ne comprend plus, ces solitaires d’aucune fleur.
D’aucune solitude.
Ceux qui nous devancent dans le progrès, dans l’avant.
Ceux qui s’avancent sans le progrès, sans l’avant,
s’annoncent droits, froids, fripés par la force du repos.
Et loin, à gauche et à droite, se voit le point commun.
Un ouvrier hors du commun, un soleil, pour peupler ce qui sera.
Un peuple, un homme, pour ainsi dire, la même révolution.
L’homme est chez lui.
Le peuple est chez lui.
Le soleil voit ce qui vit, et ce qui vit loin, ce qui sera la force,
ce qui est sorti pour toujours, ce qui sera dans la nuit,
tard dans la nuit, et tard dans toutes les nuits.
Dans l’instant même de ces jours qui commencent,
une force, l’humanité, la même, la seule, pour l’instant.
*El-Mahdi Acherchour est un poète et écrivain algérien.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): El-Mahdi Acherchour*

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