Prix de la banane : les véritables raisons de la flambée

Tsa; le Lundi 16 Janvier 2017
134935

Le prix de la banane a triplé ces dernières semaines. Le kilogramme a atteint les 650 dinars. Dimanche, le ministre avait estimé que ce prix était « non justifié » et qu’il « cachait une grande spéculation » avant d’affirmer que le produit était disponible dans les chambres froides. En réalité, plusieurs raisons expliquent l’envolée des prix de ce fruit exotique.
« L’importation de la banane était libre jusqu’en septembre 2015. À partir de cette date, le produit a été soumis à une autorisation technique préalable qui était exigée seulement pour le matériel végétal auparavant », avance d’emblée Abdelhamid Bouarroudj, expert et consultant pour le privé groupe Lacheb l’une des filiales importatrice de ce fruit.
« Donc la réduction des quantités ne date pas d’aujourd’hui. Elle a commencé en septembre 2015. On donnait des autorisations en fonction des quantités qu’on veut mettre sur le marché », poursuit notre interlocuteur. Malgré cette réduction, le prix des bananes n’avait pas augmenté sur le marché.
Que s’est-il donc passé ? Selon lui, aucune autorisation technique n’a été délivrée aux importateurs depuis octobre 2016. Et les chambres froides de l’entreprise dédiées à stocker les bananes sont vides depuis plusieurs mois. « En fait, la banane est un produit périssable. On ne peut pas le garder très longtemps dans les chambres froides », assure M. Bouarroudj.
Entre la date de la cueillette des régimes de bananes et leur consommation, il faut compter une soixantaine de jours, selon lui. « Chez nous, les opérateurs importent la banane de l’Équateur. Les bateaux mettent 20 à 25 jours avant d’arriver à Alger ou Oran. Elles sont placées dans des chambres froides notamment pour mûrir. Elles peuvent rester une quarantaine de jours seulement », explique-t-il.
Même sur le marché de gros, le produit n’est pas disponible. « Je suis parti au marché de Boufarik, il n’y avait pas de bananes », affirme-t-il. Mais la banane est bien présente dans les marchés de proximité et dans les magasins. « Ce ne sont pas les marques habituelles et donc les bananes importées par les 6 ou 7 importateurs bien connus », assure-t-il.
D’autres circuits ont pris le relais depuis octobre 2016. Il s’agit notamment de la contrebande via les frontières ou le port, selon lui. « Les services de la douane ont d’ailleurs saisi 61 conteneurs qui ont été vendus par la suite aux enchères », rappelle Abdelhamid Bouarroudj. « Personnellement, je préfère que ce soit l’État qui organise et non la contrebande », dit-il.
Abdelhamid Bouarroudj rappelle que l’activité contribue de manière très significative au budget de l’État sur le plan financier. Chacune des étapes de l’importation, à partir du débarquement au port jusqu’à la livraison vers le réseau de distribution de détail est « génératrice de valeur qui contribue à l’élargissement de l’assiette fiscale », plaide-t-il.
En été, les opérateurs se sont réunis au ministère de l’Agriculture qui leur a annoncé la prochaine mise en place de licences d’importation pour les fruits. Pour lui, il s’agit d’une bonne solution qui permettrait de « fixer les conditions d’éligibilité aux seuls importateurs » qui justifie notamment « l’investissement des revenus dans le domaine agricole » comme le fait son groupe.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Hadjer Guenanfa

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..