1re édition du festival national de la création féminine : Artisane, un beau métier à tisser des liens

Elwatan; le Mercredi 12 Mai 2010
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La première édition du Festival national de la création féminine s'ouvre aujourd'hui et ce, jusqu'au 18 mai au palais des Raïs, au Bastion 23, à Alger, où pas moins de 17 artisanes, venues de plusieurs wilayas de l'intérieur du pays exhiberont leur savoir-faire.
Instituée en vertu d'une décision ministérielle au tout début de l'année 2009 par le ministère de la Culture, cette première édition de la création féminine entre dans le cadre de la célébration du Mois du patrimoine. Ce festival s'assigne comme objectif essentiel de mettre en exergue les créations des femmes artisanes dans les régions enclavées du pays. Au cours d'une conférence de presse, tenue au Bastion 23, la commissaire du festival, Mme Hamida Aksous, a indiqué que beaucoup de femmes se lancent dans la création mais personne ne voit leurs œuvres faute de médiatisation. «Nous avons réfléchi avant de trouver un thème artistique qui comprend plusieurs filières et qui touche certaines expressions artistiques, notamment le tissage, car les créations de la femme en Algérie touchent tous les domaines de l'expression artistique.»

Pour la conférencière, les femmes algériennes ne se limitent pas seulement à s'exprimer à travers les arts liés aux traditions dont notamment la broderie, la tapisserie, la poterie, le tissage et l'art culinaire, mais elles touchent d'autres domaines réservés, dans un temps pas très lointain, aux hommes tels que le dessin, la céramique, la mosaïque, la calligraphie, la sculpture sur bois, la miroiterie ou encore la bijouterie. Concernant le choix de la commission du festival porté sur la thématique du tissage, la commissaire expliquera que le tissage est porteur d'une valeur symbolique, permettant ainsi de tisser les liens entre le passé et le présent. «Le tissage, dit-elle, est l'une des anciennes techniques au monde, aussi ancienne que l'histoire de l'humanité, et le témoignage des historiens confirme l'existence de cette pratique artistique depuis la nuit des temps en Algérie.»

Les organisateurs ont arrêté un programme dense où plusieurs activités seront à l'honneur. Quatre expositions-ventes se tailleront la part du lion. La première sera consacrée aux outils et techniques de tissage et aux livres de références, la deuxième lèvera le voile sur les métiers à tisser, la troisième portera sur le savoir-faire des designers femmes, originaires de Laghouat, Ghardaïa, El Menéa, M'sila, Timimoune et Touggourt. Intitulée «De la tradition à la modernité», la quatrième exposition proposera des produits de tissage et de céramique.

Au programme de cette première édition, figurent également des conférences portant sur le tissage et le tapis, animées par des spécialistes en la matière. A titre d'exemple, Malika Azoug donnera, ce jeudi à partir de 16h, une conférence sur la thématique du «Rituel du tissage, entre mythe et réalité». C'est parce que les organisateurs ont voulu brasser toutes les disciplines culturelles que le volet théâtral n'a pas été occulté. Une pièce théâtrale intitulé Ras El Khet, mise en scène par Sonia et écrite par Nadjet Taïbouni est prévue le 15 mai à 16h. L'aspect des soirées artistiques ne sera pas en reste, puisque plusieurs concerts seront donnés au niveau de l'Institut national supérieur de musique. Le spectacle inaugural, prévu ce soir à partir de 18h, sera donné par la diva Beihdja Rahal. L'association de Fen wa nachat de Mostaganem se produira le 17 mai. Le spectacle de clôture sera confié à l'association Izalouane de Timimoune.

Categorie(s): culture

Auteur(s): Nacima Chabani

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