27e anniversaire des événements d’Octobre 1988 : Des sacrifices… et un constat d’échec

Elwatan; le Dimanche 4 Octobre 2015
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Une situation illustrée par des divergences de points de vue, y compris chez des personnes censées être dans le même camp idéologique ou qui appartiennent à des familles politiques très proches. Ce constat s’est affirmé à l’occasion d’une conférence-débat sur le thème «27 ans après Octobre 1988, quel horizon démocratique dans le contexte actuel ?», organisée par le Rassemblement Action Jeunesse (RAJ). Une conférence animée par trois invités qui ont illustré la difficulté de faire le bilan d’une ouverture politique arrachée après des sacrifices de milliers d’Algériens qui se sont soulevés contre le système du parti unique.

Les invités du RAJ – Aïssa Rahmoune, vice-président de la LADDH, Idir Achour, secrétaire général du CLA et Hocine Belalloufi, journaliste et écrivain – ne se sont pas entendus sur un même constat, même s’ils parlent tous d’«un échec du combat pour la démocratisation de l’Algérie».
Chacun des trois conférenciers définit, à sa manière, la nature de cette crise qui a conduit au statu quo politique. «Est-ce qu’il y a eu de vrais débats ? Est-ce qu’il y a eu une écriture suffisante de l’histoire ? Les rapports entretenus entre nous sont des rapports par la force et cela est désastreux. Il y a un échec global. C’est l’échec d’une nation», soutient d’emblée Aïssa Rahmoune.

Pour lui, cette problématique est compliquée par une «incapacité des Algériens, des militants politiques et associatifs ainsi que des responsables du pouvoir à assumer cette réalité». «Il faut changer la nature des rapports entre nous en y mettant de l’amour pour instaurer un vivre-ensemble nécessaire à toute évolution vers la démocratie», lance-t-il, appelant également à apaiser les débats.

De son côté, Idir Achour divise le processus qui a suivi les événements d’Octobre 1988 en trois périodes. Selon lui, la première période s’étale de 1988 à 1992 et est caractérisée par un réveil national ; la deuxième a commencé en 1992 pour se terminer en 1999 et marquée par la dilapidation des richesses du pays, tandis que la troisième s’étale de 1999 à nos jours et a permis la réapparition de cette mafia qui a profité de la seconde période.

Ce faisant, le secrétaire général du CLA se pose la question de savoir quelle est l’alternative. «L’alternative, c’est nous. Soit on peut l’assumer et gagner ainsi la confiance de la société, soit on lève les mains. Le jour où nous assumerons l’alternative, la population nous fera confiance», affirme-t-il. La constitution du rapport de force nécessaire, ajoute-t-il, doit être bâtie sur «l’intérêt commun qui pourrait être le moteur de l’union». Contrairement à l’affirmation de Aïssa Rahmoune, Hocine Belalloufi récuse la notion de l’échec des acteurs des mouvements politiques et associatifs. «Nous n’avons pas échoué, mais nous sommes défaits.

Les partis politiques ont été affaiblis, les associations réprimées… nous avons subi un véritable rouleau compresseur», précise-t-il, reconnaissant la difficulté de faire un bilan d’Octobre 1988. L’écrivain et journaliste plaide dans la foulée pour la multiplication des partis politiques et des associations.
 
 

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Madjid Makedhi

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