Abdelhafid Hadar. Président de l’APC de Aïn Lagradj : «La commune est sinistrée»

Elwatan; le Jeudi 9 Fevrier 2012
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- Comment se présente la situation dans votre commune ?

Malgré l’appui des entrepreneurs de la région qui ont mis à notre disposition 9 engins et la grande mobilisation des services de la commune où une permanence active H24 depuis plus de 12 jours, nous n’avons pas pu désenclaver les mechtas de Ouesser, Tilataouine, Chemouta et Kouba, où les citoyens sont toujours isolés. Les incessantes chutes de neige accompagnées de vents violents rendent impossibles les missions des intervenants. En un mot, Aïn Lagradj est une commune sinistrée. Afin d’éviter le pire pour une population qui ne peut plus tenir longtemps, on doit faire vite.


- Que faut-il faire pour désenclaver les villages bloqués ?

Pour venir à bout d’une situation exceptionnelle, l’utilisation de moyens exceptionnels s’impose. L’intervention d’engins tels les bulldozers d’un certain tonnage est urgente. Les moyens de la commune, qui vient de consommer plus de 10 tonnes de sel pour le salage des routes, sont limités. L’APC ne peut faire face seule à une telle tempête. La solidarité des citoyens est mise à contribution, cela, j’en suis convaincu, nous aidera à surmonter une telle épreuve.


- Peut, avoir une idée sur la situation sanitaire dans la région ?

L’intervention du 4X4 de la commune a permis d’évacuer un citoyen, souffrant d’insuffisance rénale, de Ouesser vers un établissement sanitaire de Sétif. Nos services ont pu en outre secourir une parturiente du village. Le problème du ravitaillement de la commune se fait sentir ; la majorité des commerces n’ont pas été approvisionnés depuis plus de dix jours. Pour l’anecdote, un épicier de Benihaffed vient de m’informer que son commerce ne dispose que de colle…


- A propos de ravitaillement, que pouvez-vous dire des prix et des produits énergétiques ?

Les 4x4 de la commune et de certains opérateurs économiques de la région ont acheminé du pain vers de nombreux villages isolés. La pénurie est à l’origine de la flambée des prix de certains produits alimentaires. A tel enseigne que la pomme de terre a été vendue à plus de 80 DA le kilo.
Concernant les produits énergétiques, il a fallu batailler pour bénéficier de 210 bouteilles de gaz butane qui ne répondent pas à l’attente d’une forte demande. Au moment où je vous parle, on n’a toujours pas vu la couleur du camion de carburant promis.
Il faut savoir que le gasoil, un moyen de chauffage pour la population de la commune qui n’est toujours raccordée au gaz naturel, nous fait défaut depuis plus de 8 jours.


- Avez-vous exposé ces problèmes à la cellule de crise mise en place par la wilaya ?

Laissez-moi vous dire que personne n’a pris la peine de nous contacter afin d’avoir de nos nouvelles et de s’inquiéter des besoins de la population. Mis à part la radio locale et le journal El Watan qui n’ont ménagé aucun effort pour s’enquérir de la situation dans la région nord en général et à Aïn Lagradj en particulier, les autorités n’ont pas appelé…
 

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Kamel Beniaiche

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