Abdelmadjid Attar. Expert en énergie et ex-PDG de Sonatrach : «Les plus gros gisements algériens commencent à vieillir»

Elwatan; le Jeudi 27 Decembre 2012
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- D’aucuns parlent aujourd’hui de déclin de nos réserves de pétrole et de gaz. Qu’en est-il exactement ?
 

Ce déclin n’est pas un secret et il se poursuit depuis 2007, pratiquement aussi bien pour le gaz que pour le pétrole. Il est par ailleurs tout à fait normal car les plus gros gisements algériens qui contribuent à l’essentiel de la production, qu’ils soient en association ou opérés par Sonatrach seule, commencent à vieillir. Avec des investissements adaptés et surtout une bonne gestion des réservoirs, on aurait pu maintenir ou prolonger certains plateaux (niveaux) de production sur quelques gisements pour éviter que cela n’arrive depuis 2007. Mais dans tous les cas de figure on aurait abouti à cette situation car tout a une fin.


 
- Quelles perspectives pour la production algérienne de pétrole et de gaz ?
 

La solution est très simple, même si elle coûte cher : investir d’abord dans les hommes qui sont responsables sur le terrain (je parle surtout des techniciens) auxquels on doit faire confiance et dont on doit libérer l’esprit d’initiative et d’innovation ; investir dans l’amélioration et la rénovation des modes d’exploitation en fonction de l’évolution des gisements dans le temps, parce qu’un réservoir d’hydrocarbures a besoin de plus en plus de «soins» au fur et à mesure qu’il vieillit ; encore faut-il que ces soins soient administrés à temps, c’est-à-dire en prenant aussi des décisions rapides et à temps. C’est ce qui permettrait de ralentir le déclin de la production, de prolonger la durée de vie du gisement et même d’augmenter les réserves récupérables. Enfin, investir dans l’exploration qui ne s’arrête en principe non pas quand il n’y aura plus de ressources dans le sous-sol, mais quand ce ne sera plus rentable tout simplement. En Algérie, nous avons pris trop de retard sur ces trois volets et je me demande si on pourra le rattraper un jour, bien que les solutions et les moyens soient connus de tous.


 
- La volonté de l’Algérie d’exploiter ses réserves en hydrocarbures non conventionnels et son potentiel en offshore peut-elle compenser le déclin annoncé de certains gisements ?
 

Je ne le pense pas, à moins de découvrir un géant dans les deux ou trois années à venir, ce que je souhaite pour Sonatrach et le pays. Les non-conventionnels ne viendront que dans plus de dix ans et ne pourront y contribuer que de façon modeste. L’offshore, lui, est encore une grande inconnue avec tout juste une couverture sismique. Et même s’il y a une découverte plus tard, il faudra attendre son développement qui prendra des années. La solution immédiate est par conséquent dans les gisements existants, humains et pétroliers.
 

Categorie(s): economie

Auteur(s): Akli Rezouali

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