Abdelmalek Benyahia. Secrétaire général du Parc national de Gouraya : Lorsque l'homme s'installe, l'animal s'en va

Elwatan; le Vendredi 21 Decembre 2012
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- Que représente le Parc naturel de Gouraya ?
 

Créé en 1924 à des fins touristiques, il constitue le plus petit parc national de l’Algérie avec 2080 ha. Le parc a été classé réserve de biosphère par le programme MAB de l’Unesco en 2004. On classe un parc dans le programme MAB quand il y a une population d’hommes qui vit à l’intérieur du parc. L’idée est de subvenir aux besoins de cette population tout en protégeant la nature. Il faut faire en sorte que ces populations soient elles-mêmes les protecteurs de ce parc. C’est-à-dire l’utilisation rationnelle des ressources.

 

- Qu’en est-il concrètement ?
 

C’est une bataille. Protéger la nature n’est pas facile, c’est du militantisme. Les gens voient le parc comme un frein au développement, puisque beaucoup d’actions leur sont interdites. Le parc est là pour aider la population à subvenir à leurs besoins, du point de vue plantation, mise en valeur, etc. Beaucoup de personnes connaissent le parc et respectent, mais beaucoup reste faire.

 

- Quelles sont les actions humaines les plus dangereuses pour le parc ?
 

Quatre actions sont particulièrement dangereuses : les incendies, dont la cause principale est la décharge publique de Boulimat, à 11 km. Comme celui de 1999, de 2004 ou 2006. Le deuxième fléau : les ordures. Tous ceux qui visitent le parc y laissent des ordures, en plus des déchets occasionnés par les consommateurs de boissons alcoolisées. Nous avons engagé, en 2004, la pose de 200 poubelles. Depuis une semaine, nous avons engagé une entreprise pour prélever les ordures, avec la pose de 75 poubelles. Les constructions illicites sont un autre fléau à combattre. On a enregistré 34 cabanons. Ils existaient avant la création du parc. Il y a eu un recensement, des actions en justice, des amendes. Une commission a été installée par le président de l’APC. Enfin, les carrières d’agrégat, au nombre de trois, qui existent dans la région, alors que la loi des mines l’interdit : les bruits des détonations et passages des camions font  fuir les animaux. Bien sûr, il y a aussi la sur-fréquentation. Lorsque l’homme s’installe, l’animal s’en va.

Categorie(s): environnement

Auteur(s): Nesrine Sellal

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