Absence de prise en charge des SDF : Que fait le ministère de la Solidarité ?

Elwatan; le Lundi 6 Fevrier 2012
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Le ministre de la Solidarité devait être, samedi dernier, l’hôte des pensionnaires des centres et établissements spécialisés de la wilaya. Saïd Barkat devait fêter le Mawlid Ennabaoui au centre des personnes âgées ou handicapées de Dély Ibrahim. Cette visite a été annulée, sans que les journalistes qui devaient accompagner le ministre en connaissent la raison. M. Barkat, qui a prévu de fêter le Mawlid, comme à son habitude, avec les pensionnaires de ce centre, a-t-il eu un empêchement personnel, ou craignait-il le froid glacial qui sévissait à Alger ?

Le service de communication, d’habitude si loquace sur les réalisations du département du docteur Barkat, n’a pas donné d’explications. Ce fait est symptomatique de l’«à-peu-prisme» qui caractérise le travail des autorités, surtout celles qui doivent prendre en charge les problèmes pressants des personnes les plus vulnérables. Mais le ministère de la Solidarité nationale et de la Famille, doté d’un budget pourtant conséquent, ne semble se rappeler des personnes vulnérables que durant les fêtes. «Les SDF, mot impropre pour la réalité algérienne, ne sont jamais vraiment pris en charge, même en temps de grand froid.

Des sans-abri, il y en a partout à Alger. Les équipes du SAMU, jamais étoffées, n’y peuvent rien. Elles ne disposent que de quelques fourgonnettes qui tombent souvent en panne. Le seul centre existant à Alger a été fermé après des années de mauvaise gestion. Scandales et conflits à répétition, incendie, tout a été fait pour fermer le site des chalets en préfabriqué de Dély Ibrahim, ouvert durant une dizaine d’années. Un nouveau centre d’hébergement serait programmé par les services de la Direction des affaires sociales (DAS) de la wilaya, mais sa concrétisation n’est pas pour demain», constate un cadre du ministère.

SAMU sans moyens !

Le Service d’aide mobile d’urgence sociale (SAMU) devait être renforcé en ces jours de froid. Les Algérois n’ont pas remarqué ces derniers jours les  SDF qui s’installent dans les mêmes endroits du centre-ville. Au boulevard Amirouche, à la rue Abane Ramdane, c’est le même spectacle désolant : des personnes sans ressources et sans toit se regroupent et se protègent comme elles peuvent du froid glacial.

Lancé en 1998, le SAMU a changé de tutelle. La wilaya a cédé le centre au ministère de la Solidarité nationale qui a mis sous sa coupe le service d’aide. Le décret exécutif n°08/228 du 15 juillet 2008 portant création, organisation et fonctionnement du Service d’aide mobile d’urgence sociale a été adopté pour prendre en charge les sans-abri. La situation des personnes nécessitant une prise en charge reste pourtant inchangée : ni le numéro d’appel d’urgence du SAMU, ni l’observatoire, ni un centre, comme souhaité par des associations de prise en charge des personnes vulnérables, ne sont mis en place. Fait nouveau : devant l’incapacité et l’indifférence des autorités, des particuliers mettent à profit les réseaux sociaux pour aider les personnes qui souffrent du froid.

Des comptes Facebook sont ouverts avec les numéros de téléphone des personnes prêtes à collecter les aides dans des quartiers de l’Algérois. Selon la Protection civile, une douzaine de sans-logis ont été pris en charge durant les deux derniers jours à Alger et transférés vers les quelques centres d’accueil déjà exigus. La police, pour sa part, a ouvert ses commissariats pour les personnes vulnérables. Mais d’aucuns ont remarqué, par ailleurs, l’absence d’agents de la voirie et des autres associations aux noms pompeux. Les services des APC, ceux des différentes EPIC, plus particulièrement Asrout, se font rares.

Categorie(s): alger

Auteur(s): Nadir Iddir

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