Accord d’association Algérie-Union européenne : Alger a «très mal négocié» le démantèlement tarifaire

Elwatan; le Jeudi 31 Mars 2011
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C’est le constat dressé par des experts algériens à l’occasion de la tenue d’une journée parlementaire consacrée à «L’impact de la mise en œuvre de l’Accord d’association sur l’économie algérienne», au siège de l’APN, hier à Alger. «L’Algérie a fait un effort en matière de réduction des droits de douanes qui a même étonné l’OMC qui prône le libre-échange», estime l’expert Benyoucef Abdellah, cité par l’APS. Avant même la conclusion de cet accord, l’Algérie avait procédé à une réduction unilatérale de 30% des tarifs douaniers avec l’UE, a ajouté M. Benyoucef, pour qui ladite décision demeure «incompréhensible».

En matière de protection de l’industrie par des barrières douanières, l’Algérie est classée au bas du tableau. L’Egypte, à titre d’exemple, a conservé 45% des produits importés de cet espace économique au-dessus de 25%, selon cet économiste, qui suggère que l’Algérie n’a pas évalué exhaustivement l’impact dudit démantèlement sur l’économie nationale. «Il fallait, avant la conclusion de l’accord, faire une évaluation de l’impact de ce démantèlement sur l’économie nationale», affirme M. Benyoucef, précisant que «l’évaluation qui a été faite était globale et a concerné seulement les pertes budgétaires». En vigueur depuis 2005, l’Accord d’association prévoit un démantèlement tarifaire graduel pour aboutir, en 2017, à la création d’une zone de libre-échange entre l’Algérie et l’UE. Fin décembre 2010, l’Algérie avait demandé une révision du rythme de démantèlement des dispositions tarifaires et douanières relatives à l’Accord d’association avec l’UE. Cette demande porte essentiellement sur le report à 2020 du délai de démantèlement total des barrières au lieu de 2017.


La demande algérienne a été motivée, officiellement, par le temps nécessaire à la préparation des entreprises algériennes à la concurrence. Cette phase de transition, aux yeux de M. Serraï, n’est pas suffisante pour protéger l’industrie algérienne, d’ailleurs en difficulté. Il rappelle que l’Algérie a été contrainte de conclure cet accord pour sortir de l’isolement politique et diplomatique, dans les années 1990. Si la conclusion de l’Accord d’association, dit-il, est «un succès politique», l’échec est criant sur le plan économique. «On a donné le marché algérien sans contrepartie», soutient cet expert. Pour le Trésor, le manque à gagner induit par le démantèlement tarifaire s’élève à 2,5 milliards de dollars par an. Il a été décidé sans prendre en considération «les fourchettes de production des secteurs de l’industrie et de l’agriculture», déplore encore M. Serraï.

Categorie(s): economie

Auteur(s): Hocine Lamriben

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