Ahcène Brighet. Directeur général d’Algerian Tractors Company (ATC) : «Nous visons un taux d’intégration de 30%»

Elwatan; le Jeudi 20 Decembre 2012
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-Comment s’est faite la création d’ATC ?

ATC est une société mixte algéro-américaine créée le 16 août dernier, entre l’Etrag et PMAT qui détiennent respectivement 36 et 15% du capital et AGCO qui représente la partie étrangère avec 49%.

-La gestion de l’entreprise et le management reviennent à quelle partie ?

Le management et le choix du directeur général sont revenus à la partie étrangère qui m’a désigné à la tête de cette entreprise.

-Pourquoi avoir choisi ce partenaire ?

Nous avons choisi ce partenaire parce que nous avons vu que nous pouvons travailler avec lui en toute confiance. Le slogan d’AGCO est «Your Agricol Company», c’est-à-dire votre entreprise. De plus, après les pourparlers que nous avons eus avec les responsables de l’entreprise, depuis 2010, nous sommes tombés d’accord sur tous les points, surtout avec la vision de l’investissement qu’ils entendent mener ici.

-Et pourquoi avoir choisi le tracteur Massey Ferguson parmi les autres marques que fabrique AGCO ?

D’abord, il y a la variété. Nous avons des tracteurs de 55 jusqu’à 150 chevaux. C’est un tracteur puissant, moderne, performant et confortable aussi. On le conduit comme une voiture.

-Peut-on connaître la stratégie arrêtée pour cette nouvelle entité ?

Elle se décline sur plusieurs fronts. Premièrement, nous voulons offrir aux agriculteurs algériens la possibilité d’acquérir le tracteur de leur choix. Nous leur proposons aujourd’hui une gamme de trois tracteurs, allant de 55 jusqu’à 150 chevaux.
Plus tard, nous devons passer à l’étape de l’intégration en commençant par l’intégration du moteur qui va être fabriqué par l’Entreprise des moteurs (EMO), ici même à Constantine. Les essais ont déjà commencé et vont être finalisés prochainement pour aboutir à un tracteur Massey-Ferguson avec moteur EMO de marque Deutz. A partir de là, nous allons commencer à intégrer et fabriquer des pièces composantes ici à l’Etrag, mais aussi celles issues de la SNVI, pour ce qui est des pièces en fonte, et des autres industriels et PME algériens qui pourront nous fournir les composants dont nous avons besoin.

-Justement, quel est le taux d’intégration souhaité ?

Le taux d’intégration est fixé contractuellement entre les partenaires à 30%, en dehors du moteur.

-Et quel sera le sort du tracteur fabriqué par l’Etrag ?

Pour le moment, ATC fabrique les deux tracteurs, à savoir le Massey Ferguson et le C 6807. Mais ce dernier va être abandonné graduellement. On se donne un délai de 5 ans pour arriver à remplacer complètement le tracteur Deutz par le tracteur Massey Ferguson. D’ici là, nous aurons une fabrication avec un taux d’intégration de 30%.

-Quels seront les investissements futurs ?

C’est difficile de répondre à cette question. Nos ambitions sont énormes et nous avons un partenaire qui, lui aussi, a ses propres ambitions. Si nous allons par exemple vers la fabrication de pièces pour AGCO, qui fabrique 120 000 tracteurs par an, les investissements seront énormes et vont dépasser les 35 millions de dollars prévus initialement. Mais contractuellement, à la création de l’entreprise, l’investissement a été fixé à 35 millions de dollars pour les 5 premières années.

-Quel est le besoin réel en tracteurs sur le marché national ?

D’après nos estimations, les besoins en matière de tracteurs en Algérie s’élèvent à 5000 ou 6000 unités. Pour ce qui nous concerne, nous visons un programme qui réponde à cette demande.En 2013 déjà, nous allons produire 3700 tracteurs entre le Massey Ferguson et le C 6807, pour monter très vite à 5000 unités. Nous pensons que la demande pourrait excéder ce chiffre. Si c’est le cas, nous essayerons d’augmenter la production pour subvenir aux besoins nationaux.

-Qu’en est-il du volet exportation ?

S’il y a un excédent de fabrication, nous avons convenu avec notre partenaire AGCO d’aller vers une exportation de l’ordre de 5%.-Quels marchés visez-vous ?Les marchés africains. Du Soudan jusqu’à l’Afrique du Sud.

-Qui se chargera de l’aspect commercial ?

Le schéma reste le même. L’ATC produit le tracteur et c’est la PMAT qui se chargera de sa commercialisation. C’est elle, aussi, qui l’exportera dans le futur.

-Les prix sont-ils arrêtés ?

Oui. Le prix au détail varie entre 3 et 7 millions de dinars.

-Qu’est-il prévu en matière de formation ?

Nous avons des formations à chaque étape. Actuellement, comme nous sommes à la phase montage, nous avons déjà lancé des formations pour notre personnel. D’autres suivront en temps utile pour chaque opération.

Categorie(s): economie

Auteur(s): Lyes Mechti

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