Aïn Defla : la filière de la pomme de terre en péril

Elwatan; le Dimanche 17 Novembre 2013
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En outre, l’arrivée dans moins d’une semaine de la production d’arrière-saison n’est pas pour arranger les choses, alors que la quantité stockée actuellement est estimée à quelque 40 000 tonnes, selon la même source.
Il y a une semaine, le produit a été cédé à 4 DA le kilo dans certaines localités ! C’est dire la crainte des professionnels et de leurs partenaires qui assistent, impuissants, à une situation que d’aucuns prévoyaient depuis longtemps sans pouvoir y faire face.

Pour rappel, les mesures d’accompagnement au profit des agriculteurs et l’extension des superficies à emblaver ont engendré depuis l’installation du dispositif du Syrpalac (Système de régulation des produits agricoles de large consommation) une disponibilité du produit puis une surproduction jamais égalée depuis l’indépendance, nous dit-on. Aussi, au niveau de la wilaya de Aïn Defla, la superficie totale réservée au tubercule a atteint cette saison 24 000 ha pour une production record de plus de 7 millions de quintaux.

Du jamais vu, selon Boudjemaâ Zerrouk, directeur des services agricoles. Ce dernier évoquera dans la foulée l’inquiétude des fellahs et leur véritable cri de détresse à cause des difficultés liées à l’écoulement de la production. Il y a bien eu une tentative, l’été dernier, d’exporter quelques tonnes vers l’Espagne. Une opération avortée, car prise dans la précipitation et loin des normes exigées par le marché européen, a expliqué le même DSA. Ce dernier précisera dans ce sillage que toutes les conditions n’étaient pas réunies pour entreprendre ce genre d’expérience.

Du coup, les Espagnols ont refusé la pomme de terre de Aïn Defla arrivée à destination atteinte de la teigne, une maladie contractée en cours de route en raison de la canicule et des mauvaises conditions de transport de cette wilaya jusqu’au port de Ghazaouet, dans la wilaya de Tlemcen, a indiqué la même source. Cependant, fera encore remarquer le même responsable, l’exportation est une alternative à prendre au sérieux, mais qui nécessite une prospection approfondie des marchés, notamment ceux de l’Afrique et des pays maghrébins, comme la Mauritanie.

Faut-il revoir la stratégie actuelle en matièrede production en y mettant un frein afin d’éviter aux producteurs de jeter leur excédent ?
Une solution qui n’est pas du tout du goût de notre interlocuteur. Le DSA, un homme généreux, opterait plutôt pour des actions de solidarité en envoyant des dons en pommes de terre en direction des pays pauvres et en concertation avec les services du ministère de la Solidarité nationale. Nous expédions bien des pâtes et du riz.  

Pourquoi pas de la pomme de terre, a-t-il lancé sérieusement. Une pensée louable, certes, mais trouvera-t-elle son chemin dans les circonstances actuelles quand on connaît les sacrifices des uns et des autres ainsi que les sommes colossales consenties pour arriver à ces résultats, en éloignant au moins le spectre des pénuries que notre pays a vécues durant plusieurs années. 

Categorie(s): actu centre

Auteur(s): Aziza L.

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