Aïn Témouchent : Les chiffres controversés des services agricoles

Elwatan; le Mardi 6 Octobre 2015
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Il conteste les chiffres avancés par la DSA quant à la réalité de la récolte en faisant référence à un argumentaire développé par des représentants de la filière céréaliculture au sein de la Chambre d’agriculture.  A cet égard, l’institution en question a refusé de se démarquer des propos de ses membres malgré les pressions qu’elle a subies pour le faire.

Mais encore, le même argumentaire a été développé par eux et repris dans un article faisant un sort au bilan des récoltes de 2010, soit le 17 aout 2010, cela sans que la DSA ne s’en soit émue. Dans son long courrier, le DSA use d’abord de circonvolutions et de finasseries pour discréditer l’auteur de l’article et ses sources d’information. Ensuite, et finalement, il confirme que les chiffres sont le fruit d’une estimation, ce qui n’a jamais indiqué auparavant. Or c’était cela l’essentiel du propos de l’article.

Cependant, les propos du DSA indiquent que les pertes de production ne sont plus comptabilisées et que les différents taux prélevés sur la récolte par les agriculteurs ont diminué hormis pour ce qui est de la part en orge qui a augmenté, absorbée par le marché informel. De son point de vue, sa statistique tient rigoureusement si elle n’avait le tort d’être une construction théorique.

En effet, sa grande faiblesse réside dans le fait d’avoir pour point de départ une estimation des superficies emblavées, cela sur la base des quantités de semences livrées par les CCLS aux agriculteurs mais sans tenir compte d’un quelconque aléa pour les pondérer selon les usages en matière de statistiques. Pis, cette estimation n’est confortée par aucune enquête de terrain pour recenser les parcelles emblavées alors que cela n’est pas impossible.

A titre indicatif, ailleurs, les superficies emblavées et les estimations de récoltes sont réalisées par image satellite, ce qui n’est d’ailleurs pas impossible pour l’Algérie. Autre faiblesse, l’estimation en question est assertée à l’exclusion de toute autre partie intéressée ou d’un quelconque organisme indépendant, ce qui explique qu’elle n’a jamais été avalisée par la Chambre d’agriculture. De la même façon, c’est la seule DSA qui arrête le niveau de la récolte.

Il y a en conséquence un légitime doute d’autant qu’elle a intérêt que les chiffres soient en progression puisqu’elle s’y engage par un contrat de performance auprès de son ministère de tutelle et qu’elle tient à confirmer qu’elle détient les leviers de la production comme elle l’affirme. Comment la croire également pour cette dernière assertion alors que, par exemple, le plus gros de la production oléicole n’est pas récolté, que le vignoble planté à coup de milliards sur fonds publics a été arraché sans qu’elle réagisse ?

Categorie(s): actu ouest

Auteur(s): Mohamed Kali

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