Alors que les combats se poursuivent à Brega : Le CNT pose les conditions d’un cessez-le-feu

Elwatan; le Samedi 2 Avril 2011
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Au total, 11 personnes, dont 8 civils, ont péri en trois jours dans la zone disputée, selon des sources médicales à Ajdabiya, à 80 km à l’est de Brega : 5 civils sont morts mercredi, 3 jeudi et 3 rebelles hier. De plus, 10 insurgés ont été blessés. Les versions divergeaient, cependant, sur les circonstances exactes de la mort des civils, l’une affirmant qu’ils avaient été tués dans des raids aériens de la coalition internationale et l’autre disant qu’ils l’avaient été par les forces du colonel El Gueddafi. Mais les rebelles bloquaient la route vers Brega, avec des pick-up garés en travers de la chaussée à une trentaine de kilomètres à l’ouest d’Ajdabiya. En fin d’après-midi, les combats à l’artillerie lourde continuaient, les rebelles utilisaient des lance-roquettes multiples de gros calibre, et le bruit des détonations résonnait jusqu’à Ajdabiya.

Après avoir battu en retraite sous les bombardements de la coalition internationale, les troupes de Mouammar El Gueddafi ont marqué des points sur le terrain ces derniers jours, reprenant plusieurs localités aux insurgés, en particulier le site pétrolier de Ras Lanouf. Hier matin, les rebelles, sous-équipés et moins bien organisés que l’armée loyaliste, ont tenté de remettre de l’ordre dans leur organisation. Devant la porte ouest d’Ajdabiya, Abdelkarim Mansouri, 54 ans, criait les nouvelles consignes: «Plus de civils ! Plus de voitures civiles. «Seuls les soldats et le ravitaillement peuvent passer !» Il s’agit là d’une «nouvelle tactique», a-t-il expliqué à l’AFP. «On ne veut plus que les chebab (jeunes) se fassent tuer. La guerre n’est pas une distraction. Ce sont les ordres du conseil militaire.» 

Pendant ce temps, à Benghazi, fief des rebelles à 160 km au nord d’Ajdabiya, Moustapha Abdeljalil, chef du Conseil national de transition (CNT), s’est dit prêt à respecter un cessez-le-feu, à deux conditions. «Nous sommes prêts à un cessez-le-feu, à condition que nos frères dans les villes de l’Ouest puissent s’exprimer librement et que les forces (pro-El Gueddafi) qui assiègent nos villes se retirent», a-t-il expliqué. Il s’exprimait après une rencontre avec l’envoyé spécial de l’ONU en Libye, le Jordanien Abdel Ilah Khatib, qui a affirmé que le principal objectif de l’ONU était d’obtenir «un cessez-le-feu durable».

Solution politique ?

Les puissances occidentales cherchent une solution politique plutôt que militaire au conflit, qui a éclaté le 15 février dernier avec les premières manifestations en faveur de la démocratie à Benghazi. «La situation en Libye ne peut pas être résolue par des moyens militaires. Il peut seulement y avoir une solution politique», a insisté le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle. Parallèlement, un proche conseiller du clan El Gueddafi, en visite dans sa  famille à Londres, est reparti porteur d’un «message fort» du gouvernement britannique au régime El Gueddafi, selon une source gouvernementale à Londres. Selon le quotidien britannique The Guardian et la BBC, Mohammed Ismail aurait été envoyé à Londres pour tenter de trouver une porte de sortie au dirigeant libyen.
Car si ses troupes ont marqué des points sur le terrain ces derniers jours, Mouammar El Gueddafi a subi un revers important sur le plan politique avec la défection, annoncée mercredi soir, de l’une des principales figures du régime, le ministre des Affaires étrangères, Moussa Koussa.

Categorie(s): l'événement

Auteur(s): Rédaction internationale

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