Anachronisme

Elwatan; le Mercredi 19 Mai 2010
1


A l’heure de l’informatisation, censée faire gagner du temps et épargner le stress, nombre de nos administrations continuent à fureter dans des registres mités avant de délivrer un document d’état civil que l’usager sollicite pour ses besoins. Un temps fou vous est bouffé devant les services d’état civil. A croire qu’on trouve un malin plaisir à vous faire «administrer» pareille «correction». Oui, et trois fois oui. Au risque de ressasser cette bureaucratie papivore dans ces colonnes-mêmes, obtenir une copie d’acte de naissance n°12 au niveau des archives de votre commune n’est guère une sinécure, voire cela relève de la gageure. Le demandeur doit être armé de patience et doté de nerfs d’acier pour se voir remettre le fameux sésame. La chose devient encore plus pénible lorsqu’il s’agit d’une commune à forte densité. Avant-hier, votre serviteur a eu affaire à cette douloureuse expérience au niveau des services d’archives de la commune de Bab El Oued où les employés, dépassés ou nonchalants, c’est selon, vous invitent à faire le pied de grue pendant deux bonnes heures, sinon plus au milieu d’une foule tumultueuse «tenue en respect» par une escouade d’agents de sécurité.

Il n’est pas moins évident que les plus chanceux usent d’accointances pour échapper à cette «punition» en règle. En résumé, imaginons une scène où s’escriment une centaine de demandeurs de ce document, parqués dans le hall d’entrée de la commune où le ramdam est maître des lieux ! L’on s’interroge dès lors sur les motifs qui président à informatiser quelques services d’état civil de communes et non pas les autres. Car, l’opération pilote menée depuis plus d’une dizaine d’années destinée à informatiser ces structures, n’est pas encore, faut-il le souligner, généralisée. A peine trois communes dans l’ensemble des 57 mairies que compte la wilaya d’Alger offrent ce «quick service» à leurs administrés. Le reste des mairies est à la traîne et les responsables au niveau du ministère de l’Intérieur atermoient pour on ne sait quel motif. En termes plus clairs, cette punition infligée aux demandeurs ne nous renseigne pas sur le caractère dédaigneux de ceux dont le temps ne presse pas pour s’affranchir du geste anachronique et se mettre au carillon du troisième millénaire. Quant au document dit n°12 S pour les besoins biométriques du passeport ou de la carte nationale d’identité, les demandeurs sont tenus de prendre leur mal en patience.

Categorie(s): alger

Auteur(s): M. Tchoubane

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..