Après l’annonce de multiples mesures de lutte contre la bureaucratie : Le citoyen ne voit rien de concret sur le terrain

Elwatan; le Dimanche 12 Octobre 2014
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En l’installant en novembre 2013, le ministre de l’Intérieur, Tayeb Belaïz, qui venait lui-même de remplacer  la veille Ould Kablia, a tracé une feuille de route en trois points au nouveau locataire du palais Zighoud Youcef : renforcement de la sécurité, aménagement du territoire et lutte contre la bureaucratie. Belaïz a donné instruction, séance tenante, de délivrer le passeport et la carte d’identité dans un délai n’excédant pas une semaine. «Le passeport et la carte d’identité doivent être délivrés le jour même ou au plus tard dans un délai d’une semaine. Nous tenons à l’application de cette décision à partir de la semaine prochaine», a tenu à faire savoir le ministre à un parterre composé de walis délégués, de présidents d’APC et d’administrateurs de la wilaya, interloqués par une telle mesure, une décision «inapplicable», pour eux. Belaïz avait aussi insisté sur la suppression de plusieurs documents.

Autre mesure prise le jour de la cérémonie d’installation de Zoukh : la réactivation de l’inspection générale du ministère. Installée pour mener à bien le chantier de la «débureaucratisation», Belaïz a annoncé à petites doses, lors de ses différentes sorties, des mesures pour «éradiquer la bureaucratie» : allégement du dossier du passeport biométrique (de 36 à une dizaine de documents), possibilité de retrait de certaines pièces et actes administratifs tels que les actes de mariage ou de naissance de n’importe quelle commune du territoire national, possibilité d’utilisation des TIC pour se faire livrer un document (casier judiciaire)....

Force est de constater que le citoyen déteste toujours son administration : l’attente est longue aux guichets, les délais de délivrance du passeport biométrique ou des cartes grises sont souvent longs, l’accueil estrarement bon et les agents administratifs sont quelquefois grincheux, etc.Une charge supplémentaire s’est même imposée à certaines APC, surtout celle des chefs-lieux des grandes wilayas. Des imprimés ne sont pas disponibles, les mesures décidées par l’administration centrale ne sont pas appliquées par les subordonnés qui refusent de s’exécuter par paresse ou en raison de l’absence de textes officiels.

Quelles sont les raisons de ces retards ? Manque de volonté des administrateurs ? Textes réglementaires qui ne suivent pas ou qui ne sont pas clairs ?Les décisions du ministre de l’Intérieur, saluées, n’étaient pas accompagnées d’un renforcement de l’effectif ou même des moyens ou du mobilier nécessaire. L’inspection de l’Intérieur qui devait visiter incognito les APC n’a fait réagir que les premiers jours les P/APC, qui ont installé à la hâte un registre de doléances à l’entrée de leur administration. Le médiateur des wilayas déléguées n’est presque jamais à son poste. Les présidents d’APC et les élus ne reçoivent pas toujours ou correctement leurs électeurs.

Le secrétaire général de la wilaya d’Alger, qui a reçu instruction du ministre de l’Intérieur de recevoir les citoyens chaque lundi, est dépassé.
Belaïz a assuré que l’administration doit être à l’écoute des citoyens qui doivent accéder à un service public de qualité. «C’est un droit consacré par la Constitution» et «il est interdit de s’adonner à toute forme de marginalisation du citoyen», estime le ministre sans trop convaincre.
 

Categorie(s): alger

Auteur(s): Nadir Iddir

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