Audition des ministres par la commission des finances de l’APN : La polémique s’installe à hémicycle L

Elwatan; le Mercredi 26 Decembre 2012
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Alors que des députés du FFS avaient dénoncé, en plénière, l’exemption de ces ministres de l’obligation de fournir des explications sur les remarques contenues dans le rapport de la Cour des comptes, le président de la commission des finances de l’APN, Khelil Mahi, s’est senti obligé d’apporter des précisions. Il a improvisé, à cet effet, un point de presse pour tenter de démentir en bloc les affirmations de ses collègues au sein de l’Assemblée. Selon lui, aucun ministre n’a refusé de répondre à la convocation de la commission qu’il préside. «Aucun ministre n’a refusé de se présenter. J’étais même étonné d’entendre des collègues parler de cela. Nous avons choisi de cibler certains secteurs afin de respecter l’article 160 de la Constitution qui stipule que la loi de finances doit être signée par le président de la République avant le 1er janvier de chaque année», justifie-t-il. Et d’ajouter : «Nous n’avons pas suffisamment de temps pour auditionner tout le monde. Nous avons alors choisi certains secteurs et 10 ministres ont été entendus. C’est ce que nous avions fait l’année dernière.»

Khelil Mahi avance également des arguments similaires pour justifier l’absence du président de la Commission nationale des marchés publics. «Je tiens à préciser que le président de la Commission nationale des marchés publics n’a pas refusé de répondre à notre convocation, mais il y a eu un malentendu parce que cette commission compte trois présidents», explique-t-il sans convaincre.
Mais ces justifications ne tiennent pas la route, selon la députée du FFS Hayet Taiati. Membre de la commission des finances de l’APN, elle affirme qu’«il a été convenu au départ de convoquer tous les ministres concernés par le rapport de la Cour des comptes. Mais au moment du passage du ministre des Moudjahidine, les responsables de la commission nous ont distribué un nouveau programme dans lequel nous avons découvert avec surprise que plusieurs noms de ministres avaient sauté.

Il s’agit des ministres des Travaux publics, de la Culture, de l’Energie, de l’Intérieur, de l’Enseignement supérieur, de l’Education et de la Pêche. Pourquoi ? On ne sait pas. J’ai moi-même dénoncé cela», indique-t-elle. Hayet Taiati estime, dans ce sens, qu’«aucun ministre ne doit bénéficier d’un droit régalien» et «le président de la commission n’a pas la prérogative de décider seul au sein de la commission». «Il (le président de la commission, ndlr) est chargé de la coordination et il n’a aucun tutorat sur les députés», lance-t-elle. Affirmant qu’elle «ignore si ce sont les ministres qui ont refusé de se présenter ou c’est le président de la commission qui n’a pas fait son travail», la députée rejette l’argument avancé concernant «le manque de temps».


 

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Madjid Makedhi

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