Aux origines d’un système prédateur

Elwatan; le Mardi 14 Octobre 2014
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Lyon
de notre correspondant

Que ce soit sur le colonialisme, l’esclavage, les guerres, l’appauvrissement de populations grandissantes sur la planète, notre point de vue s’éclaircira ! Que ce soit aussi sur les fermetures d’entreprises florissantes, les dénationalisations et la dilapidation du secteur public, la corruption, les prises illégales d’intérêts, le réajustement structurel, les famines, les crises mondiales, l’accaparement des richesses entre les mains de quelques-uns et la misère pour les autres.

Pis encore, le non-respect de la nature et sa destruction progressive au nom du profit qui ne s’entache d’aucune règle. Sans oublier la perte du sens du bien commun pour une poignée de dirigeants qui font la pluie et le beau temps sur la terre, les guerres incessantes, le terrorisme. La liste est longue, elle fait notre quotidien, ici comme ailleurs. Tout ce qui fait qu’aujourd’hui les temps soient durs et qu’on parle de plus en plus de crise à la fois économique, sociale et plus encore, de valeur. «L’économie est-elle au service de l’homme ou est-elle son maître ? Quel est le lien entre capitalisme et démocratie ?», questionne Vincent Meslet, directeur éditorial d’Arte France.

Une révolution mondiale sans pitié

Mieux, comment le capitalisme, déguisé depuis les années 1980 sous le vocable plus plaisant de «libéralisme» est-il né il y a trois siècles ? Comment a-t-il survécu et s’est-il généré après chaque phase dont il ressort à chaque fois plus acéré, plus conquérant, plus terrifiant aussi. Le documentaire, qui sera diffusé les mardis 14, 21 et 28 octobre, et que nous avons pu visionner en avant-première, a choisi de partir de la parole des fondateurs des théories. La première partie aborde le cas d’Adam Smith dont on dit que son livre La Richesse des nations est à l’origine du capitalisme de libre marché en Angleterre puis de la mondialisation.

Sur les traces d’un amiral chinois, ou d’une rive à l’autre de l’Atlantique, des geôles d’esclaves du Ghana aux mines d’or du Nouveau Monde, ce premier épisode nous révèle les véritables origines de notre système économique actuel, un système prédateur : la découverte des Amériques, le pillage, la mise en esclavage, la déportation des Noirs, la colonisation, l’extermination et le nivellement des cultures populaires. Ainsi naquit une révolution mondiale sans pitié avec par exemple le massacre des Indiens du nord au sud des Amériques ou l’écrasement de l’Afrique.

La course à l’exploitation du monde était ouverte. On sait ce que la rapine des richesses algériennes apporta au capitalisme naissant en France dans la deuxième moitié du XIXe  siècle. Bien sûr, dans ces quelques lignes, nous pouvons difficilement rapporter le contenu de six épisodes de 52 minutes chacun. Grâce à des économistes renommées, dans un langage simple et relativement accessible, les grands noms de l’économie défilent : Riccardo, Malthus, Marx, Keynes. Le réalisateur, Ilan Ziv, s’inquiète dans un entretien à Arte de ne pas avoir «de feuille de route pour le futur. Nous savons juste ce qui marche et ce qui ne peut plus continuer, parce que c’est destructeur. L’avenir nous appartient à condition que nous cherchions à comprendre. Tout mérite d’être discuté, et l’économie ne doit pas être abandonnée à une minorité. C’est trop dangereux, car elle détermine nos vies et peut détruire nos sociétés ».Walid Mebarek
 

Mardi 14 octobre à 19h50 (heure algérienne), mardi 21 octobre à 21h30 et mardi 28 octobre à 21h45 sur Arte (plus d’infos sur www.arte.com)
 

Categorie(s): france-actu

Auteur(s): Walid Mebarek

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