Bahreïn : un opposant interdit de quitter le royaume

Elwatan; le Mardi 19 Novembre 2013
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La défense a demandé la levée de l’interdiction de voyage frappant Al Marzouq, présent à la barre, a indiqué la même source. La prochaine audience a été fixée au 12 décembre. Arrêté le 17 septembre, Al Marzouq, ancien député et membre du parti d’opposition Al Wefaq, a été remis en liberté à l’ouverture de son procès le 24 octobre mais interdit de quitter le territoire.  Le parquet a inculpé Al Marzouq début octobre pour «promotion d’actes qui s’apparentent à des crimes terroristes» et pour avoir utilisé sa position au sein de son parti pour «appeler à des crimes qui sont considérés comme des actes de terrorisme par la loi».

Khalil Al Marzouq était vice-président de la Chambre des députés. Il se retire de cette  institution avec les 17 autres parlementaires d’Al Wefaq en février 2011 pour dénoncer la violente répression visant les manifestants anti-régime. Le 29 septembre, 50 militants ont été condamnés à des peines de 5 à 15 ans de prison pour avoir formé le Collectif du 14 février, tenu pour principal responsable de la contestation contre la monarchie dans le royaume du Bahreïn.

Selon la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), 89 personnes ont été tuées au Bahreïn depuis le début, en février 2011, de ce mouvement de contestation qui réclame une monarchie constitutionnelle. L’émirat vit dans la contestation populaire depuis son indépendance, en 1971. Ces révoltes sont réprimées par la dynastie Al Khalifa, soutenue par les forces répressives des autres monarchies du Golfe. Ces monarchies bénéficient entre-temps du silence complice et protecteur de l’Occident. Le royaume wahhabite est relié au Bahreïn par un pont-digue.

Achevé au milieu des années 1980, il permet à l’Arabie Saoudite d’acheminer ses forces vers Manama le plus rapidement possible en cas de troubles. Le 29 décembre 1994, le ministre de l’Intérieur saoudien, le prince Nayef Ben Abdel Aziz, avait déclaré à Manama que «les intérêts de sécurité des deux pays sont indivisibles». L’opposition affirme que cette visite est précédée par deux brigades de la Garde nationale saoudienne, soit 4000 hommes, qui ont franchi ce pont-digue pour prêter main-forte aux forces répressives du royaume voisin.

L’argument biaisé des convulsions interconfessionnelles

Les monarchies du Golfe et l’Occident tentent de donner une dimension confessionnelle au mouvement contestataire du Bahreïn en l’interprétant comme une confrontation interconfessionnelle opposant sunnites et chiites. Ils accusent l’Iran de soutenir ces derniers. Ce que Téhéran dément. Les monarchies du Golfe se sont mobilisées en 2011 pour réprimer, dans le sang, la révolte bahreinie. D’autant que la majorité de la population bahreinie est chiite et que la dynastie dirigeant ce royaume est issue de la minorité sunnite. Pour ce faire, l’Arabie Saoudite a envoyé, en mars 2011, plus de 1000 soldats à Manama ; les Emirats arabes unis y avaient dépêché 500 policiers et le Koweït avait mobilisé une unité maritime.

Cet arsenal fait partie des forces communes d’intervention du «Bouclier de la péninsule» regroupant les monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG), à savoir l’Arabie Saoudite, le Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Koweït, Oman et le Qatar. Le CCG a été créé en 1981 suite à l’invasion de l’Afghanistan par l’Union soviétique et à la révolution iranienne en 1979. Il vise la coordination, l’intégration et la coopération des Etats membres dans les domaines économique, social, culturel et militaire. Dans ce cadre, les six pays membres ont créé, en 1984, une force commune d’intervention appelée «Bouclier de la péninsule». Avec l’Occident, ils ont soutenu l’Irak de Saddam Hussein dans sa guerre contre l’Iran. Et cela, par souci d’affaiblir Téhéran qui constitue aux yeux de ces monarchies une menace pour leur sécurité.

Categorie(s): international

Auteur(s): Amnay Idir

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