Balle perdue : Russie 2018, c’est demain !

Elwatan; le Mardi 6 Octobre 2015
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L’équipe nationale de football s’apprête à entamer un nouveau cycle de qualification à une Coupe du monde. Le chemin est long et ardu pour joindre la Russie en 2018, surtout que notre sélection est en prise au doute après ses récentes sorties internationales qui n’ont pas fait l’unanimité au plan de la qualité et la discipline de jeu contre les îles Seychelles et le Lesotho. Dans sa dernière conférence de presse, le sélectionneur national a laissé percer les difficultés qui attendent les Verts, visiblement pas encore happés par le vent de la compétition et la prise de conscience qui devrait normalement en découler.

Le stage, qui s’annonce sanctionné par deux matchs de préparation avec des antagonistes de peu d’envergure, ne paraît pas requérir l’engagement des cadres de l’équipe. Certains joueurs évoluant dans des clubs européens huppés traînent  les pieds, tandis que l’on a fait appel à d’autres éléments moins connus «pour les tester». Quand on a en main une génération de mondialistes qui ont à leur actif une bonne prestation en Coupe du monde 2014, l’effectif aurait dû être stabilisé afin d’en renforcer la cohésion.

Les apports nouveaux devraient être, en ce sens, parcimonieux pour maintenir intact l’état d’esprit du groupe et perpétuer l’élan et la solidarité de compétition né pendant les éliminatoires du précédent Mondial et consolidé durant celui-ci. Nous avons pris le pli d’accourir solliciter un joueur  algérien dès qu’il intègre une formation européenne de première ou de seconde division. Cette tendance, à notre avis, risque de perturber l’effectif et le rendre instable. En plus, faire appel à ces joueurs, les tester puis les mettre sur la touche quand ils ne sont pas carrément éconduits est contre-productif.

Il est vrai que le footballeur professionnel est infiniment mieux pris en charge dans le vieux continent. En conséquence, les joueurs locaux rivalisent difficilement avec le niveau de préparation physique, technique et tactique des Algériens d’Europe. Non pas que le talent leur fait défaut, mais nos clubs dits professionnels sont loin actuellement des standards internationaux. La formation, qui doit être le credo de leur mission, est abandonnée au profit du bi-mercato annuel dans un système suranné par la recherche du résultat technique et rien d’autre. Tout pour l’équipe senior et zéro pour les catégories de jeunes : une dynamique de déclin qui concerne tous les paliers du football national.

Il est généralement admis que la sélection d’un pays tient sa puissance d’un championnat local relevé. Ce n’est pas le cas chez nous. La composante de notre équipe nationale est issue très largement d’ailleurs. Un amalgame aurait été souhaitable. Une contradiction majeure qui risquera à terme d’appauvrir davantage le football algérien. Une qualification en Coupe du monde, c’est important dans la vie d’un peuple et une fierté nationale comme cela a été le cas au Brésil. Mais les instances du football et les autorités publiques devraient d’ores et déjà entamer de vraies réformes pour que les performances internationales puissent perdurer et faire émerger un système de compétition et de formation digne de la puissance africaine que nous ne sommes pas, mais que nous rêvons d’être…

Categorie(s): sports

Auteur(s): Omar Kharoum

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