Béni-Saf : La baguette de pain se fait rare

Elwatan; le Samedi 11 Fevrier 2012
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Pour ce qui est du poisson, aliment de base pour les petites bourses, sa rareté, durant des jours actuellement, ne choque pas les Béni-Safiens. L’hiver est par nature la période où la mer fait des siennes obligeant les bateaux à demeurer sagement amarrés au port. Par contre, pour ce qui est de la pénurie sur la baguette de pain, la colère est en train de monter. Deux aliments de base qui arrivent à manquer d’un coup, c’est trop d’autant que, pour le pain, il n’y a même pas, comme ailleurs, l’excuse des intempéries. Les chaînes s’allongent devant les portes des boulangeries.

Pourtant, ce n’est ni la farine ni un quelconque ingrédient entrant dans la panification qui fait défaut. Renseignements pris, trois boulangeries ont fermé en signe de protestation. Leurs propriétaires estiment être victimes de harcèlements de la part des agents de la DCP.  L’un deux a même saisi par écrit toutes les autorités afin de les prendre à témoins des tracasseries qu’il dit subir. Sa boulangerie sort de ses fours environ 8500 baguettes/jour, ce qui constitue une grosse part manquant sur les étals pour une population estimée à 40 000 habitants: «Pourquoi, sur 20 boulangeries ne vient-on contrôler que certaines ? Et qui plus est sur des infractions imaginaires, toujours à propos de l’hygiène, jamais pour autre chose. Comment les controleurs peuvent-ils prouver leur constat alors qu’ils se présentent avec seulement un carnet et un stylo ?

On m’a reproché que les murs de la chambre de fermentation suintent. C’est normal ! Qu’on fasse alors des prélèvements pour prouver le risque d’intoxication alimentaire. Or, monsieur, moi, je fabrique un aliment sec qui est passé par le feu. Tout germe pouvant exister aura été détruit ! Alors, où est le risque ? Par contre, chez les commerçants chez lesquels le pain traîne partout et où il y a des risques d’intoxication, on ne fait pas preuve de la même pugnacité à les poursuivre. Eux, à la moindre alerte, ils baissent rideau illico presto. Nous, c’est impossible. Alors, les solutions de facilité sur notre dos, il y en a marre. Et marre des amendes injustifiées et des P.-V. parfois dressés en mon absence et non contresignés par moi comme le veut la réglementation».

Pour compléter son argumentaire, notre interlocuteur signale qu’il y a quatre mois un boulanger a définitivement fermé alors qu’un autre a suivi, il n’y a pas longtemps.                     

Categorie(s): actu ouest

Auteur(s): Mohamed Kali

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